Cuisines... et Dépendances
J'aimerais écrire un long billet sur les TCA, les Troubles du Comportement Alimentaire, helas... Trop ou pas assez concernée (faisant le même poids à =/- 20 kig depuis quinze ans ^^) j'en suis trop proche ou ce "monde merveilleux" m'est inconnu.
Je demeure inquiète, au niveau santé publique peut-être... qdu nombre de personnes touchées... Le chiffre que je trouve est de 1% des adolescentes (chiffres de psycho.fr), cette pathologie touchant majoritairement les jeunes filles (12/20 ans) 90% des patients etant des patients.
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Il me semble curieux que l'on parle énormement des TCA chez les adolescentes- empiriquement je dirais que cette pathologie peut hélas se pérénniser- l'espérance de vie étant considérablement amoindrie, et le pronostic vital parfois engagé, je crains que ces jeunes femmes ne puissent acceder à l'âge mûr, si elles ne trouvent pas les ressourcent interieures et exterieures pour recouvrer une santé mentale et physique qui leur fait défaut.
J'ai pu comme tout un chacun regardr quelques docu à la tévé, souvent choc, rarement chic= la maladie ne prête pas au glamour. L'un d'eux, dont le titre m'échappe, narrait sans commentaire la vie quotidienne d'une "grande anorexique" d'une vingtaine d'année, chloë, anorexique boulimique, qui etait en "période d'effondrment", au bout du rouleau à tous niveaux, et disait "il n'y a plus que moi... et cette saloperie de bouffe!!! Je suis toute seule..."
Ayant fréquenté les HP, en tant que patiente notamment, j'ai bavardé de manière informelle et bien peu scientifique avec de jeunes anorexiques. Certaines étaient très ralenties par la fatigue physique (dans les trente kilos pour 1m65 à 1m70)- si bien que même dans des cliniques privées, les psychiatres, avec leur accord, les "gavaient" par sonde- ou si elles refusaient, demandaient une hospitalisation sous contrainte, et les transféraient dans des services de réanimation.
Mais l'une, M. etait devenue une "amie d'hôpital" avec qui j'ai partagé des moments joyeux et d'autres très durs, ce genre d'amies dont on pense que le lien qui nous unit est gravé dans le marbre... et puis l'on se perd de vue, au gré de la vie qui va mieux, ou de rechutes qui font perdre contact avec tout et tout le monde.
M. pouvait parler des heures du lien à la Mère, de l'ingestion qui est comme un viol, de l'effaacement du corps, de la maitrise de la Pulsion (sexuelle et -donc- vitale), du fantasme du corps qui disparait au profit d'un "pur esprit". Et surtout, elle décrivait ces troubles comme une dépendance. La dépendance à la Faim, au Rien ingéré, puis aux calories englouties, à la sensation de remplissage, charge et décharge de l'angoisse. Il s'agissait de belles théorie et de littérature, qui ne l'aidaient pas toujours, qui relevaient de "l'esprit pur" qui défaillait aux exigences de ses pulsions (crises de boulimies et vomissements provoqués). "J'ai peur d'avoir encore une Crise" je sentais la façon dont elle "disait avec une majuscule" ce mot, jamais suivi de "boulime" simplement "la Crise".
Le petit regard que j'ai pu en avoir "inside", date de mon adolescence, suite à une rupture amoureuse douloureuse, je refusai de m'alimenter. Ce qui était purement caractériel au départ, de ma part ("puisque c'est comme ça je dine pas, na!!!) est d'abord devenu agréable : je perdais les rondeurs de l'enfance, je me sentais bien, puisque je ne maitrisais pas l'affection que les autres, que "lui" me portait, au point d'avoir voulu en mourir- je maitriserai mon corps; de ma part encore, je pense, "je me maltraiterai si c'est comme ça!!!" J'ai ainsi perdu très rapidement dix kilo, ce qui restait gratifiant au niveau esthétique sans avoir de franche répercussions sur ma santé, sinon ces terribles coups de barre à 14h pile, tous les jours. "Il parait" que lors d'un amaigrissement, surtout rapide, le cerveau, le corps ou je ne sais quoi, fabrique des endorphines et booste l'organisme, pour aider à supporter la famine. Puis cela devient "vicieusement circulaire" les carences préciipitent la dépressions, et, pour parler vulgairement "je ne pouvais plus arquer"
Cette étape a cédé d'elle même.
J'ai eu une autre période de franc "refus alimentaire" non du fait d'une anorexie mentale typique, mais simplement , je mourrais de chagrin pour des motifs encore obscurs.
Pour en revenir à M., elle est sortie de la clinique afin de passer des examens universitaires, moi même suis sortie pour de bon (croyais je) peu après, je lui ai ecrit, puis ai reçu lettre morte à mes missives. Elle n'allait pas tres bien et avait du retourner vivre chez ses parents.
D'autres jeunes femmes et un jeune homme etaient alors hospitalisés pour le même type de troubles.
Et je ne sais comment conclure, sinon en reprenant les mots de M. "bien sûr que ce genre de docu est choquant; il montre la maladie, qui est choquante et renvoie en chacun de nous des choses extrêmement violentes"
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