Toulouse I

30 septembre 2009 10:49
 
 

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Matthieu m'avait demandée en mariage. Ca ne voulait rien dire pour moi, pour lui non plus je crois. En tout cas il ne faisait rien de plus que me demander ma main via MSN sans autre signe d'engagement. Je voulais du concret, pas un mariage forcément, j'avais dit oui pour lui faire plaisir, une vie à deux, une semi vie à deux, un rapprochement géographique.

J'étais à Thonon, à m'emmerder un peu à l'unité hygiène de l'hosto, lui à lannemezan/Millau où il suivait une formation pour devenir gestionnaire réseau. Matthieu est muco, invalide à 80%.

Il est venu une ou deux fois, une fois, la première, où il a dit qu'il ne « pouvait pas » et « j'ai essayé de t'aimer, mais je ne peux pas »

Je garde ce reliquat de l'enfance puis de l'adolescence qu'aussi adorable gentille et serviable que je suis, les gens que j'aime s'en vont dans l'ether. Mais c'était la première fois qu'on me disait qu'on ne pouvait m'aimer malgré des efforts en ce sens.

Matthieu avait voulu faire un tour. J'avais juste une larme qui coulait, je me suis dit, je vais prendre mon cachet et boire un coup, mais un seul, pour faire passer le goût dégueulasse sur mon palais.

Ca tombait bien, il avait amené de l'armagnac quinze ans d'âge. Je m'en suis servi une lichette, pleurant juste de l'oeil droit et respirant profond comme j'ai appris à la Clinique.

Il était revenu me disant qu'il m'aimait, je regardait mon appart que j'avais voulu parfait avant de découvrir des mitses de vêtements partout, d'où un lavage de tout à 60° et des piles de fringues.

Puis c'était reparti.

C'est après qu'il m'a demandé ma main alors que je lui demandais si bourré, il trouvait sa bouche avec une banane. La classe, MSN.

Je ne buvais pas alors, juste accessoirement.

Matthieu était reparti avec son amour.

J'étais allée le voir aussi à lannemezan, douze heures pénibles de train de nuit. Rencontré sa mère, Anne-Marie, à qui il n'avait même pas dit qu'on était ensemble. Malaise.

Ca se tressait ainsi, la demande de mariage, mon ennui à l'unité hygiène, mon étouffement à thonon, je disais alors, avec ou sans toi j'en partirai, sinon je vais mourir.

Oui, disait il, et rien.

J'avais quand même sollicité le DU d'hygieniste. Pourquoi pas disait ma cadre, Thérèse.

Puis on a eu rdv chez le drh.

Ils ont parlé de moi comme si je n'étais pas là.

Ce poste était un placard car JBL, le psychiatre affreux, ne voulait pas de moi dans son service. Moi qui, comme l'avait dit son prédecesseur « était une des rares personnes au monde à comprendre les schizophrenes » Mais ce temps là était révolu.

Ce RDV chez les DRH. On parlait de ma montée en charge, copmme un bon fenwick, et puis Thérèse m'a enculée en direct. J'allais bien et encore au poste de secrétariat. J'allais même jusqu'à partir manger à midi ! Ils parlaient entre eux, elle voulait me garder au secrétariat et avoir une autre infirmière postulante au DU.

Au final elle n'a rien eu. Moi non plus. J'ai même été déclarée comme travailleuse handicapée, sans en avoir aucun statut.

Je suis partie très vite fumer une tige dehors et pleurer.

Et l'après midi, seule, sur mon PC et ma connexion de travail, je me suis inscrite sur les listings de l'ANPE et ai parcouru les annonces. Une a retenu mon attention « Cherchons collaboratrice pour cabinet libéral, avec solide experience en psychiatrie » et autres détails.

Le soir même, 17h, en rentrant, j'appelais, eu un long entretien téléphonique avec Pierre, le gérant et prenais rendez vous pour une rencontre à mon prochain voyage à lannemezan, via toulouse.

Humeur: Calme

Malgré la fatigue

30 septembre 2009 10:32
 
 

Malgré la fatigue je pense à écrire, écrire pour faire quoi ou qu'est ce de tout cela, j'en parle beaucoup, une logorrhée diarrhéique sortant de ma bouche.
Zbig me dit que je devrais écrire, que certains de mes mails se lisent comme un bon livre, que j'ai le sens du détail et de la formule, quand je rétorque que je suis inégale en productivité et en qualité il balaie cela d'un petit revers de main et me dit que l'écriture c'est comme le saut à la perche, ça demande du travail et pas qu'une hémorragie infectée sur papier.

Mon soucis est que mes textes retravaillés me semblent pires que tels quels écris au fil de la plume ou du clavier, qu'une des qualités (si l'on veut) de mon écriture) est sa spontanéité.

Mais là j'ai du temps, beaucoup de temps, des pensées prenant forment et se délitant, en revenant de revenir de Toulouse il me semblait que seul cela pouvait me sauver de la dégringolade dans le styx, mettre en mots, mettre en formes. Alors je vais ouvrir Open Office et m'y mettre.

Humeur: Calme

A Fond la Connerie

29 septembre 2009 10:57
 
 

Mon père m'avait confié un gros billet pour aller chez le toubib, que j'ai pour la plupart dépensé en conneries et en bières, le matin, mettant près de deux heures à trouver la route retour.
Le repérage spatial, un de mes grands points faibles, les achats compulsifs, ma plaie terrible : cet argent n'était pas à moi.
Je me rends compte que je n'arrive pas à me passer d'alcool, sans être bourrée et ce très tôt, ça craint.
La colère de mon pater fut dantesque, il a tout lâché sur ses pensées du soir, quand il est seul dans son lit. Il y pleure, il voudrait me trouver un institut pour les handicapés comme moi, il voudrait se tirer une balle dans la tête et me laisser tout seul, mais ça le chagrine, alors plutot me tuer et se tuer après, il a fini par pleurer, le visage dans les mains et répétant "on ne sait plus quoi faire, on ne sait plus quoi faire"
Après une pause respiratoire il a appelé ma mère. Je devinais les questions de ma mère à ses réponses "elle est capable de rien" "elle dit oui mais elle fait pas" "dans quel état, mais je sais pas, mais je peux pas la laisser toute seule la journée, je sais plus quoi en faire" "Je n'ai plus les moyens, il faut que tu m'aides financièrement" "Non, elle n'ira pas à la roche, je les hais ces connards de psychiatres"

Ainsi ils décidaient de ma vie et moi je pleurais et je ne savais pas. Je plonge peu à peu dans la perplexité, je lutte mais rien à faire. Je ne sais pas, quoi faire de moi.
Je me prends à penser que ma place est en prison.
Les idées de mort viennent, et très vite en défilant, je lutte, je prends du valium et je me mets au lit.
Je rêve de rester au lit, mais je n'y tiens pas toujours.
Parfois j'arrive à m'abstraire dans la lecture, parfois non.
J'ai des accès de malaise, pas de l'angoisse, du malaise, de la culpabilité ou autre, des accès de tristesse.
Malgré la magic paro je suis hypersensible, un chat me faisant un calin suffit à me faire pleurer car je ne mérite pas, car ça me touche.
Mon corps, mon être me genent, j'aimerais me retourner comme un gant et tout nettoyer, mais tout cela fait partie de moi.
Je rêve presque de partir dans l'interzone, dans la schizophrenie, mais on y souffre tant, je l'ai vu tant de fois, je l'ai senti parfois.

Je n'ai pas de place, nulle part et sans doute pour personne, comme un ovni, je me sens comme un microbout de plancton à la dérive.

Tout n'est pas perdu. Je tiens encore, bon gré mal gré. Je mange. Je pleure. Je suis en vie. Je me préserve de la maratre-en-moi, je ne me lacère pas, je ne tente pas de me tuer, j'arrive à me cocoler en boule au lit. Mais tout est bien obscur, indechiffrable, autour de moi.

Humeur: Calme