Sunday and Toxic
Aujourd'hui, dimanche e(s)t cruel.
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En fait, Dimanche l'a toujours été, morne à la maison, pas le droit d'aller chez les amies "pour pas dérager". Mais même arrivée à l'âge adulte parfois ma reum me jetait le dimanche car "ça se passe en famille et je me repose" (sic! sa famille etant alors elle et son mec)
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Aujourd'hui comme hier, je dejeune seule sans mes collègues, en famille. J'avais pas envie de rentrer chez moi, après j'ai trop de mal à en repartir, j'avais acheté aujourd'hui les Inrock et aussi amené un bouquin de Nothomb, Doimanche, Waterloo, morne plaine.
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Toujours ma liste de lecture vissée sur l'oreille droite, toujours un peu sourde suite à un coup "pour calmer ta crise"
["C'est un petit probleme à la trompe d'eustache, ça se résorbe spontanément donc je laisse ainsi mais ça semble récurrent, revenez me voir. Vous aviez pris un coup sur cette oreille par lme passé?" - je n'y étais jamais retournée, chez ce salaud d'ORL et sa grosse sonde à mettre dans le pif et son caisson]
Des fois je descends sur le perron fumer ma clope. Ca aussi c'est une posture que j'ai depuis la petite enfance. Etre sur le seuil. Les témoins de mon enfance la plus lointaine lma décrivent, citons les:
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Mme B; proprio de la maison dont mes parents louaient le 1er (époque : 1977)
"Julie etait si sage, toujouirs assise devant sur les marches à regarder les fourmis, des fois pendant trois heures, sans faire de bruit, jamais de bêtise, quelle enfant sage, je m'en souviens bien" [cette pouffiasse n'a jamais alerté la DDASS qu'une petite autiste etait laissée sans surveillance sur le perron des heures durant !!!!]
Fred P., collegienne au lycée où nous habitions avec Mum
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"Tu étais toujours assise sur le perron à rêver et rien faire, je me rappelle bien de toi, toute petite, toute menue, toujours assise devant la porte. Tu étais si mignonne !!!!"
[A la reflexion je me demande si ce n'étaient pas des moents où j'attendais que ma mère rentre ou encore, où je l'attendais, ou encore, où j'attendais la permission d'entrer]
Chez Matt aussi je finissais par me poster là , très à l'aise, vu qu'avec sa muco j'allais pas fumer à 'interieur. C'est toujours bien ma place assise sur la marche du perron.
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Et là , au cabinet infirmier, depuis l'interditcion de fumer dedans, je suis sur le perron de l'immeuble, si bien que vu mon K-Way pourri de route, on va finir par me filer la piece.
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Je fume mes tiges, j'écoute ma playlist, je remonte. Je me colle dans la salle des entretiens familiaux (ha...ha...ha) car elle est pourvue de fauteuils, j'en colle deux face a face contre le radiateur electrique (ha... ha...ha) je me loge dedans, fous le chauffage a fond, regle le téléphone pour me réveiller à 16h30, feuillette les Inrock un peu puis pionce, mal installée, trop chaud et reves amers et désagréables au sujet de vie(s) manqué(e)s de manque.
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J'ai coupé les ponts avec mes vieux, dès que Matthieu m'a dit adieu, je les ai appelée et est tombé le bras de ma terrible vengeance, globalement je souhaitais dire que je n'étais ni capable d'aimer ni d'être aimée, par leurs fautes, bourreaux d'enfants, dévoreurs d'âmes, pédophiles, SALAUDS!!!! JE NE VEUX PLUS JAMAIS AVOIR A FAIRE A TOI !!!!
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Trois jours après, alors qu'ils m'assaillaient de coups de fil et de lettre, j'ai eu Val, la sister "Tu étais délirante" (alors pas du tout, je prenais violemment conscience d'une dure réalité, mais je sais bien, ouais, le patient désigné est d'abord le patient désignant, ce pour quoi il est désigné en retour comme fou, annuler sa parole, chargée de vérité - de sa vérité en tout cas - et toujours violente et crue) Sister me dit alors "je ne suis pas psychotique, j'ai besoin de lien"
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je dis alors
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"de quel lien as tu besoin? Y'a quatre jours ça n'allait pas aujourd'hui ça va mieux, quatre jours ont passé sur le choc traumatique, je devrais aller encore tres mal pour que tu trouves tout cela coherent? Ou a moitié mal? Je ne dis pas qu'il ne s'est rien passé. Je vais juste mieux. Fau quand même pas que je creve pour sauver la coherence de l'ensemble. C'est pas que j'aille mieux qui est fou, c'est ce qu'ils m'ont fait et c'est mon etat d'il y a quatre jour. Et les psychotiques ont besoin de lien justement, faut t'apprendre ton taff aussi?" (elle est psychologue)
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Mais bref, je sais juste, le jour ensuite où on a pu parler, elle et moi, vraiment, pour la première fois de ma vie, qu'elle savait, certaines choses en tout cas et elle m'a dit "oui, c'est triste, tout cela est triste, et je suis triste car je n'étais pas là je ne t'ai pas aidée"
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Ca me rendait encore plus triste de me rappeler toute cette solitude alors j'ai dit chtetch à ma niece, ou approximatif, ce qui signifie "coucou" en polonais, sa langue paternel.
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Moi je parle couramment le psychotique par ma mère et le mec bourré par mon père. J'ai beaucoup pratiqué le mec-bourré, je pex d'ailleurs helas mettre sur mon CV "mec bourré : lu, ecrit, parlé"
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Dernièrement j'ai pu affiner mes talents en parlant avec un psychotique bourré qui me tenait ce langage:
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"Quand on nait on est puis on meurt, alors on demeure, mais..."
J'ai pu dire "quand on ne peut pas demeurer dans la demeure alors on doit déménager, alors on doit aller a l'hopital"
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Mais le pire c'est que moi j'avais pas bu (quant a mon diagnostic, on se reserve)
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J'éai été si triste ces derniers temps, j'essayais de pas etre aimable, pour pas donner tort a Matt,en gros (ce que me dit mon thérapeute ajoutant "c'est dangereux pour vous"
Je dis au thérapeute que l'honnêteté de Matt  [je choisis des folles par défaut] "C'est une honneteté cruelle" Je pleurais tant. Le doc confirme "C'est cruel" Pause. Il ajoute "Et c'est pervers" Pause. [je peure] "et ce n'est honnête que parce qu'il pense que c'est vrai, car ça n'est tres certainement pas vrai"
Je pleure.
Ensuite l'errance sur des sites interdits aux mineurs, et le télép^hone et tatati tatata, rencontrer un matou du quartier, etre fatiguée, déconner, faire nawak.
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Et là je suis revenue euthymique mais en malaise
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J'sais plus c'que t'es
J'sais pas c'que j'ai
Je me sens mal à l'aise
Miller j'ai lu
Je ne veux plus
Entendre parler de baise
[C Gainsbourg in Zéro pointé vers l'infini , alb Lemon Incest]
Beaucoup écouté Paradis aussi Junior suite
J'ai des amis naviguants
Ils sont naviguants
Moi j'ai deja tellement d'eau qui fout l'camp
Toutes ces choses qui viennent
Toutes ces choses qui quittent
Ces choses qui reviennent
Ces choses qui m'requittent
Junior suite
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Le dimanche est amer où tout est toxique, où je me sens malade, où aller voir le film Merde de Leos Carrax me sembe tout a fait dans le ton, où je ne me sens pas de la société des humains, mais d'une des sociétés de ceux qui ont été non élévés par des barbares, toujours attentifs, toujours autours et alentours, jamais vraiment dedans, nous regardons tout et voyons beaucoup de choses, que n ous retenons, nous aimons bien les humains, mais nous sommes à coté.
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1 commentaire à cet article.
poignant ce long message qui en dit long sur ton etat d'ame, prendre de la distance avec ses vieux (perso c'est ce que j'ai fait aussi) sans couper les ponts bien que desfois j'ai eu envie.... j'ai grandi, j'ai vieilli et j'ai fini par comprendre a force d'aide, toi Julie tu comprends tellement de choses bien plus tot que je ne les ai comprises moi meme, je t'embrasse et je te lis tj avec autant de plaisir, esperant que tu ailles mieux tres tres vite, katy