Le Garçon avait 7 ans, il était dit qu'il était psychotique.

La Psychologue parlait avec lui toutes les semaines et le Garçon allait mieux. Puis arriva la fin de l'année, et en Réunion le Psychiatre Fouettard dit à la Psychologue "Vous arrêterez le suivi de cet enfant, je le prendrai désormais en charge"

La Psychologue eu beau argumenter, telle était la décision du Psychiatre Fouettard.

Elle reçu une dernière fois le Garçon, et lui annonça que le suivi s'arrêtait là, qu'il s'agissait d'une décision de l'équipe.

Le Garçon dessinait sur une feuille de papier, et il écrivit

"C'est le début de l'histoire"

"Non, tu sais, lui dit la Psychologue, c'est la fin de l'histoire maintenant"

Le Garçon reprit son stylo et écrivit "C'est le tout début de l'histoire" 

Il y eu un silence. Puis la Psychologue dit "Tu peux être en colère contre moi, je n'ai peut être pas insisté suffisament pour continuer ce travail avec toi."

Et le Garçon était immensément en colère.

 

La Psychologue changea de lieu de travail. Le Psychiatre Fouetttard aussi; nul ne sait ce qu'il advint du Garçon.

 

La Psychologue me narra cette histoire, un soir, triste soir.

Humeur: Amoureuse

"Alcool" by mnep

23 décembre 2007 10:03
 
 

"c'est tout qui tremble
dans l'alcool
tout

qui trempe"

Humeur: Amoureuse

Papa et Aloïs

11 décembre 2007 17:53
 
 

Il y a six ou sept mois, j'ai commencé à trouver Dad fatigué, distrait, distractible, fatigué.

Il bosse trop, me disais je, puis il a 59 ans, c'est plus tout jeune. Force a été de me rendre à l'évidence : Dad n'avait pas 30 ans depuis 30 ans Oo.

 

Puis, j'ai remarqué qu'il se repérait moins bien géographiquement. Pas à se perdre au supermercado, mais dans les villes inconnues. Puis dans les villes connues. Puis il a acheté un truc GPS, avec une carte de la Suisse, pour quoi faure, me suis je dit, puis bah, Dad a toujours aimé les gadgets.

 

Dad n'a jamais nommé les choses ni les gens, il veut "qu'on lui passe le truc" ou alors "il a vu Machin". Par taquinerie, je lui faisais préciser, par taquinerie et pour qu'il fasse l'effort. Il disait alors "Passe moi le sel" ou "J'ai vu Gil" Depuis quelques mois, il répète "Mais le machin, passe moi, ça , là [il le désigne] rhaaa, je trouve plus le mot, je deviens vieux, haha" Ca se systématisais.

 

J'étais un peu inquiète. Je suis facilement inquiète. Je me suis dit "Yog, ma grande, arrête de te faire des films comme une ado souffrant de névrose d'angoisse". Mais je surveillais, un peu malgré moi, toutes ces petites choses, ces petites choses que j'ai vu Dad perdre au fil des mois. C'est devenu habituel. Je me disais, "faudrait se renseigner" et un jour, je lui en ai parlé. Ca a donné ça:

 

"-Dis, Dad, tu es fatigué ces temps, tu te rappelles mal des trucs.

-J'ai pas Alzheimer!!!

-J'ai pas dit ça. Tu sais, tu devrais en parler à ton doc, il peut te donner genre du magnesium ou du ginseng, enfin des trucs qui stimulent un peu, no?

-Non, ça ne me gene pas du tout"

Ca le gene. Il le cache. Le GPS et autres curiosités, sont ders stratégies pour camoufler et s'adapter. Alors j'ai lu sur Internet. Ca n'a plus été du soucis, c'est devenu de la peur, des angoisses. Un jour, j'en ai parlé à sa compagne, avec qui par ailleurs je suis plutôt en froid "Oui, m'a-t-elle dit, Gigi est different depuis quelques mois, il oublie tout, sur son ordinateur; le soir, il a du mal et il s'énerve. En plus il pense qu'on le prend pour un con, il se fâche"

 

Alors, j'ai écrit tout un mail à la psychologue de l'Association France Alzheimer, de l'antenne départementale. J'ai décrit tout ce que j'avais remarqué. "Madame, ai je écrit, je me demande, je vous demande, si cela "vaut la peine" d'insister auprès de lui pour qu'il consulte son médecin, ou si je me fait inutilement du soucis car je suis d'un tempérament anxieux"

 

Au bout de deux jours sans réponse, je me suis décidée à appeler. La secrétaire a su qui parlait, dès que j'ai dit mon nom; elle m'a passé le directeur. Le directeur parlait de cette voix douce, apaisante et un peu triste que l'on réserve aux proches lors de l'annonce d'un sale diagnostic. Il trouvait tout typique. Je me suis réfugiée derrière des descriptions de symptômes, alors que je criais dedans, que je voulais demander "que vais je faire, et lui?" je tremblais, ma voix tremblais, celle du directeur restait posée, il ne m'a pas dit ce que j'attendais tant, il ne m'a pas dit "ne vous affolez pas, rien n'est sur du tout". Une fois, il a dit "Un diagnostic sur n'a pas été posé" puis "Il le faut, plus la maladie d'Alzheimer est traitée précocément, plus on peut la freiner"

 

Il m'a donné un rdv téléphonique avec la neuropsychologue le lendemain. J'ai tellement peur, je flippe, j'ai peur de ne pas être soutenante, je trace des plans sur l'avenir, je me dit "oh non!!!"

 

La frangine est à Paris, elle est toute jeune maman.

La femme du père vient d'accueillir son père à elle à domicile.

Mum dit "n'enterre pas ton père trop vite, débrouille toi"

Je me sens terriblement seule et démunie, et merde, ça a toujours été ma plus grande crainte, qu'un jour Dad me voit et me dise "Mais qui etes vous madame?"

 

Alors j'écoute Jeanne Cherhal, qui chante

 

"Tu perds tes repères

Mais t'es toujours mon père

Moi qui n'ai jamais rien su faire

Je veux te sortir de l'hiver"

 

Et je me dis, en m'entourant les joues des oreilles de la chapka chaude et douce, je me dit "Va falloir le faire, Yog, va falloir le faire car tu n'as pas le choix, et tu marcheras, tu ne crevera pas"

 

 

Sinon, les formes précoces sont héréditaires. Dix ans pour se sortir de la misere, et j'y retourne dans une poignée d'année. C'est vraiment trop inzuste. (altération ou mutation du chromosome 21)

Humeur: Soucieuse