Téléphone and Co

28 août 2007 20:36
 
 

 

Dad me torture parfois grâce au téléphone. Pas par ses conversations, plutôt par leur absence. Il appelle indéboulonnablement tous les soirs, fait sonner la bête trois à quatre fois d'affilées jusqu'à ce que je réponde et m'informe alors qu'il n'a rien à me dire. Parfois, il me demande si il me dérange (quand par exemple j'étais en train de dormir, manger, recevoir du monde) Je réponds alors "Ben, oui..." ce qui ne le rend pas tellement plus pressé de raccrocher.

S'il a eu ma frangine au téléphone, il peut parler dix ans quinze minutes, tandis que je mâchouille mon repas en disant "frmf, heum, ouais..." Sinon, globalement, il n'a pas grand chose à me dire.

Resituons. Dad est ou a été inquiet. Je lui ai donné du mouron à se faire, et durant un temps, si je ne répondais pas, c'était que j'étais dans le coma. (en dehors de mes moments de belle au bois dormantisme, je l'appelais moi même à 17h pile tous les soirs)

Je pense qu'il se venge, ou qu'il a acquis le topic "appeler Yog tous les soirs" comme un reflexe conditionnel. Pour experimenter la chose, je ne réponds pas au téléphone ce soir, et en quinze minutes nous en sommes au cinquieme appel, dont un message "Y'a quelqu'un???"

Si il finit par m'avoir à 21h il commentera d'un "Tu rentres seulement du boulot?"

Pour Dad, je n'ai pas de vie... Si je ne réponds pas au téléphone, c'est soit que je suis contrainte au silence par des heures sup' tardives, soit que je suis grièvement blessée et baigne dans mon sang sans possibilité d'atteindre le combiné. Que je puisse être sortie, chez une amie ou même chez ma mère, voilà qui le surprend toujours.

En direct live, je le rappelle (je ne vais pas verser bourreau moi non plus)

... C'est occupé... (peut-être essaye-t-il de me joindre sur mon portable... peut-être avait-il une information vitale à me communiquer que pour l'instant il se charge de transmettre à d'autres plus réactifs)

 

Que cela se produise le soir est un vrai plus. Auparavant, il m'appelait le samedi matin vers les neuf heures pour savoir si j'étais réveillée. Même modus operandi un défilé quasi ininterrompu de dring dring jusqu'à ce que je me résigne, la tête pâteuse de lendemain de bringue, à décrocher, pour entendre le classique "Tu dormais?" Ceci fait, et puisqu'il ne pouvait s'empêcher d'insister (parfois durant une demi heure) pour entendre ma douce voix samedi-matinale (Rouair? Beuarg!!!) il concluait d'un "Bon, je te laisse dormir alors... clac"

Il faut préciser qu'il vient me voir tous les samedis, à l'époque à midi pile. (ou 10h sans y être convié, les samedis d'ennui)

Il ne laisse de messages sur le répondeur que depuis peu, très peu. Mais si ma boite vocale m'annonçait 5 messages vides, je savais que Dad avait appelé...

Dorénavant, j'ai droit à son grand classique

"Allô... Y'a quelqu'un???... Y'a personne alors... Je ne laisse jamais de message... tuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuut... tuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuut..."

Pour positiver, je dirais que c'est grâce à Dad que je ne suis plus du tout complexée par la sonnerie du téléphone, que je peux laisser résonner sans broncher lorsque je suis dans mon bain, en train de lire ou sans envie particulière d'être contactée (je ne filtre pas, je ne réponds à personne) Cela m'évite de jaillir de l'eau et de la mousse, de glisser et me péter le col du fémur et d'en revenir au scenario me montrant blessée et ensanglantée, sans pouvoir saisir le combiné convoité.

Bref, alors que le reflexe telephonique conditionnel de Dad semble se renforcer avec l'âge, je suis completement dépouillée du mien (dring dring => amène => je décroche)

Nous tentons une deuxième fois de le joindre, afin d'étayer notre théorie du grand vide communicationnel père fille...

Voilà.

Je détiens plusieurs informations capitales

1/il n'a rien à dire, en fait

2/il a acheté de la gentiane (de l'eau de vie de gentiane) et si j'en veux il m'en donnera un peu

3/ma soeur vient vendredi (il m'en informe tous les soirs depuis environ dix jours) Elle a appelé, mais il était dans la voiture, il ne sait donc pas ce qu'elle avait à dire, puisqu'il n'a pas décroché à temps...

4/il m'a appelée tout à l'heure, mais je n'ai pas répondu (je dormais dis je, ce que est vrai pour les deux premiers coups de fil... enfin, j'ai essayé) Ah bon, commente-t-il.

5/ il me demande de mes nouvelles, sans se priver de sous entendre (ce n'est même plus un sous entendu à ce stade) que j'ai vraiment un boulot de tire au cul et que je ne fous pas grand chose...

6/Bisous, à demain...

Il etait donc particulièrement en verve ce soir. Parfois et même souvent l'échange se résume à

Lui : "Salut, quoi de neuf?"

Moi "Pas grand chose et toi?"

Lui: "Nous non plus. Bon, je te laisse alors, ciao"

Ami lacanien, tu auras noté au passage l'emploi du nous royal. Je nj'ai jamais très bien compris, sinon que c'est assez savoyard comme tournure. Le savoyard est plusieurs, apparemment.

Je dirai pour sa défense que, par contre, lorsque j'ai des choses à dire, il écoute patiemment, contrairement à ,Mum qui est alors pressée de raccrocher ou de la frangine, qui n'hesite pas à dire que bon, elle n'a pas que ça à foutre et que je ne vais pas lui raconter ma vie dans les détails. (je précise que cet état date d'avant son accouchement, vu que depuis, nous ne nous sommes appelée qu'une fois, c'était organisationnel et très bref)

Globalement, il sait presque ce que je fais au travail (j'ai un doute mais je dirais que oui, plus pour me rassurer que pour le mettre en valeur) Mum n'en a qu'une tres faible idée. Mum a déposé le brevet de la maladie de transparence. Si je lui parle d'un sujet pendant plusieurs semaines d'affilée (ex: l'audit d'octobre, qui me préoccupe et commence à me prendre temps et énergie) elle ne le notera pas. (elle m'a demandé samedi ce que c'était cette histoire d'audit dont je ne lui avais jamais parlé)

Ni l'un ni l'autre ne me questionnent jamais sur ma vie privée, pas par discretion je pense, je ne sais pas pourquoi. Dad se rappelle depuis deux jours du prénom de mon fiancé. Ni l'un ni l'autre ne se souviennent de ce qu'il fait dans la vie (en même temps comme ils ne savent pas non plus ce que je fais dans la vie, faudrait pas faire l'effort de s'interesser plus avant) Ils ne demandent jamais des nouvelles.

Si, samedi, Mum m'a demandé si "[je] parlais toujours avec lui" (??? Elle n'a donc pas compris que nous étions ensemble.) (j'avais mentionné à son attention des projets d'avenir à moyen et long terme, en vain apparemment)

Ni l'un ni l'autre ne m'ont questionnée sur mes vacances, ni reparlé du petit present que je leur ai ramené à chacun (Mum a oublié l'existence du paquet cadeau sitôt déposé sur son radiateur, j'avais dû le lui rappeler en partant et lui demander de l'ouvrir) Je ne sais pas s'ils ont apprécié.

Je pourrais dire pour leur décherge que leur première petite-fille (ma nièce) est née le jour où je suis rentrée; il y a de cela bientôt trois semaines...

Mes parents sont des monstres? C'est rien à côté des tiens :)

 

Humeur: Ennuyée

Des Trucs - La Rentrée

27 août 2007 18:55
 
 

Comme j'ai passé la soirée, et jusque dans la nuit, à jouer (quasiment toute seule) à un truc débile mais si rigolo sur un forum (chez les pingouins) jusque des 1:00, j'avais vraiment la tête dans lec' ce matin, et le retour de la chef, je le sentais tendu.

 

Parlons de ce jeu. Il se nomme "Les mains... les fesses" et consiste à insérer "Avec les mains / avec les fesses" (ou entre) dans des proverbes et des citations. Dès qu'on me dit les mots "cul" ou "kk", je suis ricanante telle une hyène, ce jeu m'a donc éminemment plu.

Je pense que c'est Laurent qui a déclenché mes larmes d'hilarité avec son:

"Qui se couche avec le cul qui gratte entre les mains le soir, se réveille le matin avec les doigts qui puent entre les fesses"

Rien que de l'écrire, je ris :D

J'ai décliné la chose sur moult variantes pendant deux ou trois heures, en me creusant la tête et en hyénisant sans fin.

Dulciné a commis le très joli:

"La plume entre les mains est plus forte que l'épée entre les fesses"

Je ne citerai pas toutes les miennes, déjà parce que je les connais par coeur, et ensuite parce que j'en ai pondu au kilomètre.

 

Peut être le:

"Jouissons entre les mains sans entrave entre les fesses " ?

(et son corollaire : "CRS entre les mains? SS entre les fesses!!!")

Ou

"Un homme averti entre les mains en vaut deux entre les fesses"

Etc, etc, etc... C'est sans fin... (ou presque)

Mais de mains en fesses, y'a pas à tortiller du cul pour scier droit, je n'ai eu que cinq ou six heures de sommeil. Je m'imaginais la cheffe, déjà speedée, toute l'équipe à 17/9 de tension artérielle et finissant à 18h pour rattraper tout ce précieux temps perdu à prendre des CA (quelle idée!!!) Et depuis ma propre rentrée, il y a de cela quinze jours, j'étais frappée du syndrôme amotivationnel tendance plaintif "J'étais si bien en vacances, je veux pus être ici et d'ailleurs je voudrais ne plus jamais travailler, toc!!!"

Mais dès qu'elle est apparue à 8h30, je me suis souvenue que je l'aimais beaucoup et je lui ai fait des fêtes. J'étais sérieusement contente de la voir - et mon travail a repris tout son sens (lequel? heum... passons) J'ai même souri à mon ennemie la photocopieuse et flatté l'imprimante maraboutée qui me les brise depuis huit mois.

Des trucs se passent, surtout, j'avais d'autres tâches à effectuer que codage / saisie et saisie, saisie saisie et pouf.

Tout d'abord la réécriture d'un guide pour auditeurs, sur lequel j'avais glandouillé sans enthousiasme Jeudi dernier. (Nous allons auditer la préparation cutaanée de l'opéré en Octobre, ce qui me rappelle que moi même je serai auditeur et qu'apperemment je serai parachutée au Bloc sans espoir de voir la lumière du jour durant plusieurs heures d'affilée, parlons même pas d'en tirer une dehors) (la donnée : je n'ai jamais préparé de patient pour le bloc n'entre pas trop en ligne de compte, si les auditeurs connaissaient le boulot, bah, arf... tout irait mieux... Je suis la détentrice du Savoir de la Formation dispensée par le CCLIN Sued Est, jusqu'ici tout va bien)

Je vais être notée cette année, whaou youpi!!! Les fonctionnaires, ces branleurs qui coutent des sous au contribuable pour rien foutre et font des greves qui prennent les usagers en otage, sont notés tous les ans, ce qui influe sur l'avancement, qui n'est pas censé se faire à l'ancienneté mais au mérite. En pratqiue on prend +0.25 point chaque année. Une année, peut être 2001, j'ai rien pris du tout. Ma cheffe de l'époque trouvait à raison que j'avais été lymphatique en 2001, le millénaire devait me fatiguer. Et en 2006 je n'ai pas eu d'augmentation de note, pour la simple raison que je n'ai quasiment pas bossé. Que d'ailleurs je n'étais détachée à aucun service lors de la notation, toussa.

A vrai dire, je ne suis pas crispée sur ma note (qui doit être à 18 je pense), ni trop sur les échelons, sûrement à tort, je néglige cela comme je néglige beaucoup de choses (et devant mon bulletin de salaire je tire la gueule)

Cependant depuis je crois six ans que je n'ai pas été avancée, j'ose espérer que ça va tomber dans l'année. (Mais hourra!!! + 27€/mois, je suis riche!!! Je pourrai prendre un yaourt au self tous les midis!!!) Il y a donc cet entretien à prévoir, que je suis censée préparer, je n'ai pas grand chose à dire, mais je tâcherai d'exprimer un certain découragement face à toutes les nouvelles attributions qui me dégringolent sur la goule par paquet de deux et que je ne pourrai bientôt plus gérer , à moins de repasser aux 52h. (et je dis niet) Je suis zen.

Nouvelle attribution (ça faisait un mois!!!) : je vais être chargée de partie des prélèvements d'eau, je ne peux pas dire que ça m'enchante vraiment de jouer au plombier-laborantin mais ça me fera déambuler dans les services (éventuellement me faire jeter des pierres, les équipes aiment pas trop ça je crois) et trimballer des flacons d'eau maitrisée et standard, dans la glacière et la glacière sur la chariote, de bas en haut puis jusqu'au labo (poilodo)

La Force de dévisser les brise jets sera avec moi, je pourrai m'y attaquer à la maison, ces nids à Legionella pneumophilia commencent à me rendre parano. Ceci prévu demain dès l'aube, à l'heure ou blanchit le col de cygne.

Enfin, je suis missionnée en Réa pour aider la Cadre à se demerden avec Epi Info. Je le sens moins bien.

[Pour l'historique de notre ami Epi Info, il nécessite un PC dans le service, il ne peut se dl sur le cluster, en réseau. Ceci a provoqué les foudres du responsable du parc info. Les foudres du responsable du parc info ont provoqué les foudres de ma cheffe. Car mon vieux bébé, le Gateway 2000 tout moisi datant des late 80's ne supportait pas la nouvelle version. Il faut se rendre compte qu'elle tourne sous Windows, et non plus sous DOS. C'est merveilleux, le progrès.

Alors que machin et machine se hurlaient dessus, Yves, le technicien info en chef s'était plaqué un CD-ROM sur chaque oreille en gémissant "Arrête T. ... Arrête T..." (il suppliait ma cheffe) Je m'appretais à sauter sur le dos (imposant) du responsable en hurlant "Donne moi un PC et lâche ma cheffe, sale informatichien!!!!" lorsqu'elle réussit à placer, j'ignore encore comment:

"Et bien les surveillances, nous ne les ferons plus, vous vous expliquerez avec la direction car elles sont obligatoires"

*bzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz*

"Bon, votre demande part à l'économat cet après midi"

Le combat des druides fini, ils retournerent cueillir le gui de la colère chacun de leur côté et je restai seule avec Yves, qui fixait mon gros écran en verre.

"Yog, dit il, on pourrait s'arranger, en fait, et que tu récupères la REA et les AES, ça ferait deux postes en moins dans l'hôpital, toi je sais que tu t'en sers, mais la doc du travail en a un juste pour saisir vingt fiches par an, et en Réa, pareil."

"Je serais pas vraiment contre, ça me changerait pas la vie pour la saisie, ce sont les enquêtes autours qui prennent du temps, j'en parlerai à la cheffe et au doc, je te dirai, mais je pense que ce sera non"

Une semaine plus tard, j'eu l'honneur de descendre dans l'Enterprise chercher mon nouveau bébé avec Yves. (J'ai été fort épatée, ils ont une reconnaissance digitale, plutôt palmaire pour pénétrer le saint de saints)

Yves, qui est super gentil, m'a montré les trucs et les machins, m'a dl et installé Epi Info et les trois applications qui vont avec et m'a même laissé le vieux poste, si jamais. Il a quand même fait la grimace en disant

"Je parie que JM va mettre plein de photos sur ton DD, tu le laisseras pas faire hein? Et tu dl pas n'importe quoi"

"Si, ai je dit, je vais m'installer eMule et MSN"

"J'ai bloqué les ports"

(la confiance regne)

Puis, arguant d'une conjonctivite d'irritation chronique, j'eus droit à un écran plat, presque deux fois plus grand. Enfin, Yves me dit "Tu te rappelles notre deal?"

"Quel deal?"

"Tu récupères la REA et les AES"

"Oula, le doc et la cheffe veulent pas, je leur ai demandé, je suis désolée. Ils veulent pas déposséder la médecine du travail et la Réa de leurs propres surveillance, tu vois" (et que notre équipe se coltine une trentaine d'heure de taff en plus, n'ai je pas avoueé)

Il ne m'en veut pas. Je ne l'ai pas ongulé, d'ailleurs. Mais il traine la patte pour venir dissequer l'imprimante maraboutée, je peux pas m'empêcher de penser que toute cette histoire a un rapport, même si il est incosncient.]

Donc la cadre de Réa me demande, en fait elle me demande depuis l'installation d'Epi (je l'ai renvoyée vers le service info) les bugs d'Epi (je l'ai renvoyée vers le programeur du CCLIN) et maintenant, l'utilisation d'Epi(la cheffe l'a renvoyée vers moi) Ma mission si je l'accepte (et j'ai pas le choix) : regarder ce qu'il faut faire, comprendre ce qu'il faut faire, lui montrer ce qu'il faut faire et aussi apparemment, faire ce qu'il faut faire. C'est à dire lui saisir huit mois de surveillance (mais ils ont des ptits chiffres de pucelles, une trentaines de fiches contre 750 que j'ai déjà saisies pour mes trois aplications) (et comme je te sens passionné, ami lacanien, je te ferai prochainement un cours sur les ISO, les BN et les BMR, les trois mamelles de l'épidémiologie hospitalière)

Mais je suis remotivée et j'étais enthousiaste voire heureuse toute la journée, que je n'ai pas vue passer.

Pour me récompenser d'avoir pris du plaisir, je me suis offert trois petits truks:

Un... truc, qui hesite entre la mini robe et le maxi pull (c'est magnifique ;) )

Un... T-shirt avec un chien bleu dessus, dont il s'avere que la grosse truffe se situe pile sur ma bouele qui a pris ses aises graces à la bonne pitance du Sud Ouest, on croirait voir Riri le chien policier le flair en avant quand j'arrive, je riais beaucoup devant la glace, tout en me disant que bon sang entre les mains ne saurait mentir entre les fesses. Et qu'aux âmes bien nées entre les mains, la valeur n'attend pas entre les fesses le nombre des années ^^

Un.. set de maquillage dit "Rock" (fard blanc, gris, gris soutenu et noir)

Je peux donc aller me frictionner au loofah en paix, j'ai accompli mon devoir, ma destinée et huit heures de travail, fingers in ze noze.

Humeur: Satisfaite

La Calle, hélas!!!

26 août 2007 17:35
 
 

Sophie Calle (1953 - forever?) voilà la donzelle:

 

 

Et on dirait bien que sa "problématique" est toute résumée ici "M'as-tu vue?" Bin oui, Soso, je t'ai vue, et toi, l'as tu vu?

J'eu une première pré-conscience de l'existence de cette dame, peut-être honorable, mais pas certain, grâce à un concept qui m'avait fascinée à l'époque (et que j'apprécie toujours) soit de manger dissocié par couleur (le jour rose, le jour noir, le jour bleu, toussa) Puis, rien, plus rien.

 

Lors de mes pérégrinations à Tolosa, ville de lumière, j'ai besoin de toi (ville rose, mon païs, Toulouuuuse) je fus amenée à me rendre aux Abattoirs dans le but avoué de contempler la fresque Picasso. Elle n'y était point exposée à ce moment là, mais l'entrée était gratuite le 1er Dimanche du mois (c'est honteux de visiter un musée juste parce que c'est gratos, n'est-ce pas? Le frisson de la honte...) et Dulciné et moi y pénétrâmes.

Je passerai sur notre perplexité doublée de rejet devant l'art conceptuel (ce qui me sollicite trop l'intellect par ailleurs usé et déficient et n'en appelle pas trop à mes émotions m'ennuie) hors quelques salles que j'eu l'heur de saisir partiellement, je tombai (et oui, tomber, du latin tomb raider, se casser la gueule) sur Suite Vénitienne by Sophie Calle herself. Que dire? sinon, rien. Oo

Pour résumer le topic, Calle a suivi des hommes dans la rue et a pris des clichés volés, à la manière d'une Paris Mat(ch)euse... L'un des hommes suivis lui fut présenté par hasard dans la soirée, il fit part de son projet de se rendre à Venise et elle l'y suivi, pour poursuivre ce palpitant travail de vol de clichés, de renseignements et de tentative de viol d'une vie qui semble lui manquer beaucoup. J'ai parcouru des yeux les photos, j'ai compulsé les notes, je me suis demandée si ce travail m'intéressait. Il m'a interpellée, en tout cas, assez pour que je prenne l'azerty et en cause.

 

J'ai fait de vraiment très vague recherches sur Calle, plutôt deux googlisations, pour m'apercevoir très vite qu'on écrivait beaucoup, essentiellement pour dire qu'elle se livrait totalement, mais qu'en fait, je n'avais pas l'impression que l'on savait quoi que ce soit. Car parler beaucoup des détails de son intimité n'est jamais parler de soi. Soit.

 

Son univers, ou du moins son travail, est décrit comme riche, dans les domaines (photo, romans, toussa) et dans la profondeur. J'y vois beaucoup de vide, de la froideur, un grand ennui. (Je ne me prive pas de donner mon opinion psy à deux boules, d'autres ont psychanalysé son travail sans vergogne :p) Comme si elle cherchait à poursuivre une vie aventureuse (strip teaseuse; femme de chambre; hebergeuse-photographe de dormeurs) en tombant sans cesse à côté, en ne décrivant rien, c'est à dire pas grand chose des autres, mais toujours avec une forme de violence admise ou non et tchi d'elle même.

Elle fascine et prête même à des mémoires et des thèses épais comme un pilier de comptoir, suscitant cet intérêt assez particulier lié au mystère. Alors je dis, non, non Sophie Calle ne parle jamais d'elle même, Sophie Calle ne se montre pas, ne se dévoile pas, ne se décrit pas :  Sophie Calle semble s'emmerder. Et moi même, je ne me sens pas très bien...

 

Note : Mais le régime par couleur, c'était cool...

Humeur: Embarrassée