Prémo

29 juin 2007 19:02
 
 

Je souffre des ratiches comme j'en ai toujours souffert, d'aussi loin que je puisse me souvenir, c'est-à-dire d'aussi loin que j'ai eu des dents.

Ainsi j'ai eu droit à la panoplie de la parfaite petite brosseuse de quenotte, gamine, depuis le fluor à bouffer en granulés (on n'en donne plus, il parait que ça rend con), les mille brosse à dents toutes plus pas chères les unes que les autres - mais toujours medium, toujours; le fil interdentaire (le truc glamour) le bain de bouche qui rend les dents roses là où elles sont pas bien lavées, la gueule d'acier, évidemment, avec le durcissement de toutes les mesurs d'hygiène bucco dentaires, le sablier qui dure trois minutes, et le calendrier humiliant dans la salle de bain familiale avec une croix à apposer après chaque brossage, matin, midi et soir. A vrai dire, je pense m'être brossée les dents à fond, deepteeth, trois fois par jour, trois minutes plus fil interdentaire, plus bain de bouche, et enfin, le fluor, hop. Cependant, j'ai toujours eu des caries. Toujours, dès mes premières dents de lait.

Mon dentiste, un artiste boucher, chaque fois qu'il examinait ma petite gueule béante, déclarait à ma mère trémulante "Cette enfant ne se brosse pas les dents. Hain, tu te brosses pas les dents, Julie?"

Je ne pouvais rien dire, bien sûr, ayant la gueule ouverte, parfois à l'aide de l'écarteur (les enfants sont mordeurs) si bien que je me faisais sermonner, à chaque fois - et qu'au final jamais ma moman n'a checké mon pitain de brossage de dents, pourtant parfait et je restais seule dans la salle de bain, face à ma brosse et tout le bordel.

Entre le fluor et l'appareil dentaire, j'ai fait une malheureuse chute dans les escaliers de l'école, si bien que je me suis éclaté une incisive du haut. Une dent définitive, bien sûr. Première victime.

Après l'appareil dentaire, à cause de la colle sans doute, le genre de pivot avait bruni, mais je suis restée comme ça assez longtemps, pasqu"un pivot, ça coute cher", c'est sûr qu'à quatorze ans, lorsque s'épanouit la féminité, c'est chouette.

Et puis, il y avait les séances de resserage des écrous, de l'appareil. (après l'extraction de quatre molaires, en deux fois, bien sûr) J'avais très très mal à chaque fois. Cela, les adultes de ma génération l'ont mauvaise, surtout parce que nos parents, qui "n'avaient pas connu l'orthodontie pasqu'on était pauvres [et surtout que ça existait pas] alors rend toi compte de ton bonheur, comme tu vas avoir de jolies dents" ne se rendaient pas compte du supplice infligé - comme si un gosse de treize ans qui ne mange que de la purée de banane pendant cinq jours est un enfant en pleine santé - brefleu, on n'en est pas morts, non plus.

Mais les orthodontistes n'avaient pas de recul, non plus. Eux qui me prédisaient la foudre, la peste, le cholera et surtout le déchaussement des dents si je n'étais pas appareillée (ceci dit, foin des menaces, on n'avait pas le choix) se rendent compte aujourd'hui, que le port précoce de l'appareil et l'extraction de quatre à huit grosses dents, finissent par provoquer vingt ans après un écartement des dents, ouais, j'ai les dents du bonheur -_- ce à quoi je dis "esthétiquement, ça me gene pas..." Mon dentiste disant "Pas encore" où je glisse "Et au niveau santé dentaire, c'est dangereux?" "Pas encore"... En bref, mes dents sont amenées à se déchausser, ou alors il faudrait inventer un appareil qui les resserre, au niveau maxillaire supérieur ce qui n'existe "pas encore vraiment" (et qui couterait la peau duc)

A part ça, malgré des brossages longs et frénétiques, je me suis vue souffrir de mille morts dentaires, des putain de caries. Ca fait gueuler mon dentiste. Je lui dirais bien "Faut bien que vous bouffiez vous aussi , j'vous amène du boulot" mais je peux pas, j'ai toujours la gueule ouverte chez lui. Il m'a seriné pendant dix ans "Tu es carencée en vitamine D, c'est la croissance... ça se stabilisera à 25 ans" Mon cul!!! D'ailleurs, il aurait pu me supplémenter en vit D, mais non. Ce qu'il y a, c'est que c'est un mystère de la science dentistière, mes dents qui se carient "de l'interieur" (dixit Herr Professor Tortures Dentaires) donc le brossage, macache, ça agit pas.

 

Vers la vingtaine, je me suis payée un nouveau pivot tout neuf tout blanc. Quelle aventure!!! Pour faire le moulage ce fut la croix et la banière: j'ai une toute tite gueule, si bien qu'il a fallut sortir le materiel pédiatrique, puis le prothésiste fut fasciné par la couleur de ma ratiche "C'est blanc, c'est très blanc, c'est transparent, jamais je n'ai vu de dents moins jaunes!!! Hey, les gars, venez voir ses dents!!!! Vous voyez, vu la couleur que nous n'avons pas dans la palette, il serait plus judicieux de remplacer toute la mâchoire, mais bon... On va tenter un truc" puis "mademoiselle vos dents ne jauniront jamais" Ouaaaaaaaaaaaaaais "Elles vont devenir grises" Heu!!! (pour l'histoire, elles sont ni grises ni jaunes)

Là, ce furent le tour des putains d'abces dentaires, enfin, gingivaux, mais situés sur les racines. Pas mal, comme coup. Selon les explications toutes scientifiques de Herr Doktor "Tu fais des kystes osseux sur les racines, d'où inflammation, d'où infection!!! Et voilà l'abces" (c'est la fête ... -_-)

Après l'opération "Regarde!!! Il est gros comme un petit pois!!!" (yuck)

Il faut dire, pour ce qui est de la douleur, j'ai un sérieux handicap, c'est à dire que j'y suis très résistante. Donc, lorsque j'ai mal, c'est qu'il y a une grosse couille, ou une grosse carie. Pour ne pas dire que meurt, vieux lâche, il est trop tard!!! Donc, sur cette "fameuse prémo" comme dit herr doktor, j'ai eu deux kystes, j'ai donc deux racines en moins, il m'en reste une, j'attends le kyste fatal.

Pour rajouter à la poésie de la vie, je souffre de bruxisme. Un mot peu connu pour un genre de "tic" qui lui l'est : je grince des dents, notamment durant mon sommeil. Probablement le stress, ou un reflexe atavique, on ne sait pas trop. Toujours est-il que j'ai réussi à me péter une dent rien qu'en grinçouillant.Pas la fameuse prémo, une autre prémo. On va dire pour ne pas faire trop gore, que la dent était branlante, pyuis qu'elle a bien bougé et qu'un jour elle m'est restée sur la langue, comme ça. J'en ai été fort surprise. J'avoue, j'ai pas encore fait mettre un pivot, parce qu'il est vrai que ça coûte la peau duc, et surtout parce qu'il y avait de gros travaux à entreprendre sur la Fameuse Prémo, qui était couronnée et me faisait souffrir le martyr. Après un bon milliard de traitements antiinflammatoires des gencives, locaux, des bains de bouches et des nurofen, Herr Doktor a fait une photo des racines. Il faisait la gueule, mais c'était rien à côté de la mienne. Bien sûr, c'était "du fromage blanc, les bases" (toujours le tact dentistier) et "comment veux tu que je soigne ça?" "Putain, vous me soignez depuis vingt ans mais en fait vous avez aucun diplôme???!!! Non, allez, je ris (jaune)"

Si bien que je l'ignore. La dent. Et le dentiste aussi, je lui fais la gueule.

A vrai dire, point de caries, désormais. Et foin des répliques du genre

"Docteur, j'ai mal LA quand je mange froid chaud sucré"

"Et bien ne mange pas froid chaud sucré, tu n'auras pas mal"

Ca c'est de l'éducation !!! Passons sur cette vieille rage de dents qui m'a fait pleurer lorsque la secrétaire m'a refusé un rdv en urgence. (et j'ai tenu deux jours sans dormir, à sucer des glaçons et de l'aspirine pure)

Il est donc tout naturel que je fus fort émue devant Marathon Man et la scène terrible de torture dentaire.

Rappelez vous, le bourreau interrogeait ainsi Dustin Hoffman

"C'est dangereux...?"

"Non, c'est sans risque"

Bzzzzzzzzzzzzzz *gros coup de fraise en plein sur l'incisive*

"C'est dangereux...?"

"Oui, c'est super dangereux"

Bzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz *re gros coup de fraise*

Je me rappelais, encore enfant, le gros dentiste au gros blaze se pencher sur moi avec son crochet "Si j'appuie là, ça fait mal? Et LA? Ah oui, hein, ça fait mal..." Il etait plus civilisé après, il avait de micro boules de coton avec du mega froid dessus.

Je connais tous les appareils du doc, notament le genre de gros seche cheveux avec de la lumière bleue au bout (parait que ça aide la colle à sécher vite zef) et j'ai le permis pour piloter le "crachoir" et tous les boutons pour mettre de l'eau et des pastilles roses dans le gobelet!!! ouaiiiiiiiiis

Hospitalisée en HP, j'eu un big abces qui s'est formé en environ dix heures sur la fameuse prémo, enfin, la gencive. Ca faisait mal!!! La docteur m'a regardé la bouche et bon, elle ne savait trop que faire - quel antibio prescrire, ytoussa. J'ai eu donc des antalgiques et des antiinflammatoires costauds qui me pétaient la tête encore plus que les neuroleptiques. Mais, dans la nuit, c'est à dire à 21h apres les gouttes du soir... Pof, l'abces se perce, spontanément (je sais c'est dégueulasse) Je crache bien, comme herr doktor m'a appris, puis je trottine au brureau des infirmiers demander de l'hextril pour laver tout ça.

Le lendemain, la docteur regarde à nouveau. "Rholala, c'est vilain!!!" Bon, elle a appelé Herr Doktor, j'ai eu Ze antibiothérapie, et aussi les cachets pour la douleur dont je n'ai jamais su s'ils me faisaient du bien ou du mal. A vrai dire, j'en barbotais pour en filer à un pote toxico.

Ca et la Herrette Doktorette Lyonnaise qui m'avais mis un putain de coup de fraise en plein dans un nerf. Elle m'avait dit "Elle s'est dévitalisée toute seule... Oups, ah bé non!!!"

J'avais de grosses larmes qui coulaient le long des joues et je me suis sentie très abattue toute la journée, je me sentais vraiment grièvement maltraitée. Herr Doktor a entendre cette anecdote me dit "Ah, oui, il y a encore des dentistes qui font ça" (à croire que l'anesthésique local est en or liquide, ou quoi)

Bref, la science a ses limites, ma patience aussi, et ms dents ont une limite de longévité aussi, je crois bien. Peut-être que j'ai une forme rare et constitutionnelle de scorbut, je sais pas.

Bon, j'vais m'acheter un salad shooter pour préparer mes souplettes et mes bananes mixées et congelées (ça soulage)

Clou de girofle, c'est bien aussi, j'ai pécho le truc dans Marathon Man.

Et oui, putain, je les brosse, et je vous ongule!!!

 

Humeur: Morbide

MAIS

16 juin 2007 18:04
 
 

"

mais, conjonction
 
Sens  Conjonction qui permet d'indiquer une différence, une opposition, une précision, une objection ou une transition. Anglais but
 
L'Internaute
 

 

 

Je hais le mot mais. Je trouve que les différences, les oppositions, les précisions, les objections et les transitions qu'il amène, sont, très souvent, trop souvent, négatifs.

"Elle est belle mais..."

"Je t'aime mais..."

"Je suis d'accord mais..."

Il faut comprendre

"Elle est belle, mais pas tellement, en fait"

"Je t'aime mais je te quitte, car tu m'en as trop fait"

"Je suis d'accord, mais je suis pas d'accord en même temps" Oo

IL est rare d'entendre le mot "mais" dans les phrases suivantes

"Elle est moche mais...[je la trouve belle]"

Je te hais mais...[je reste, car tu ne m'en as pas assez fait]"

"Je ne suis pas d'accord mais...[tu as raison - ce qui signifierait, que je comprends que j'ai tort, et que malgré cet accès de lucidité, je reste sur mes positions pour des raisons inexplicables]"

Chaque fois que j'entends le "mais" une réaction pavlovienne se produit en moi. Je lève le bras pour me protéger le visage, je sors la boite de kleenex, je prends mon Gelox car ça va m'énerver. Prévention, prophylaxie, les deux mamelles de la lutte contre les gastralgies. Le pire étant sans doute ce mot immonde employé dans la phrase "Je t'aime, mais..." Inévitablement, la rupture s'ensuit, et en plus, très souvent, "il" me mettra mes torts sous les nez. "Je t'aime, mais tu es possessive. Adieu" "Je t'aime, mais j'aime ma liberté, adieu" (celle la necessite un traducteur franco-français, en quoi le fait d'aimer quelqu'un entrave-t-il la liberté? Surtout si l'on n'a rien demandé de particulier à l'ex-être aimé) "Tu es belle mais tu as grossi" (comprendre, tu étais belle, à vingt ans....)

Ceci dit, la dernière fois que j'ai entendu un mais tempérer un avis négatif était pour dire "T'es vieille, mais t'es encore bonne" J'avoue, que la, ce furent "vieille" et "encore" qui me semblaient de trop.

Parfois, le mais s'emploie accompagné d'un seul autre mot, comme ça:

"Mais enfin!!!"

"Mais encore?"

"Mais bien sûr" (/!\ irony inside!!! hahahaha /!\)

"Oui, mais bon." (/!\ signifie un désaccord mal avoué, et non le fait que l'usiteur trouve quoi que ce soit bon, au contraire - la langue française est piégeuse!!! (tricky) /!\)

"Mais non!!!!"

"Mais oui!!! "(là, signifierait plutôt : "Mais c'est bien sûr" ou "Mais évidemment que j'y avais pensé" L'auteure comprend mal ce que "mais" vient foutre là, d'ailleurs)

"Non, mais oh!!!" et son corollaire MSNien "naméo" (Là, signifie "Dis donc, ça va pas, la tête, ou quoi?")

Et, telle une perle dans une huitre calibre 4, il peut être servi, seul, enchâssé dans un silence jusque là inquiétant

"Mais!!!!"

"Mais?"

Il est alors employé comme une onomatopée, un Cri, une interjection, à la limte.

On pourrait alors le traduire par, respectivement

"Hé!!!" "Hey!!" ou, plus développé par "Ca suffit!!!" "Cesse connard!!!"

"Hein?" "Quoi?" "Je ne comprend plus rien, je suis perplexe"

/!\, enjolivé de tremas sur le i, il change de sens et désigne alors une cereale transgenique!!!!

"-C'est quoi, deux pastèques dans un champ de maïs?

Mais c'est les couilles au Géant Vert!!!

-Mais??? Mais!!! Mais t'es trop con, hahaha"'

 

La semaine prochaine, nous étudierons où est, donc, Ornicar. C'était le cours de vocabulaire obligatoire pour la promotion de la langue française dans les Ecoles, et la limitation de la péremption de nos si belles expressions idiomatiques intraduisibles littéralement pour nos voisins étrangers, donc nuls.

Après la diffusion de l'élocution "Morale du Jour", nos élèves sont invités à rejoindre la salle de cours 251C - où Mme Michu, Professeur de musique, vous enseignera comment  jouer "la Lambada" à la flûte à bec sans peine.

Bonne Journée, dans la paix et l'amour du Christ!!!

 

Humeur: Perverse

L'Autre

11 juin 2007 19:12
 
 

J'avais à peine dix huit ans quand j'ai rencontré celle qui allait devenir mon épouse. Je voulais devenir assistant social, m'occuper des gens, mais ma mère m'avait dit e d'abord passer mon Bac (Sanitaire et Social) Elise avait vingt deux ans à l'époque, j'étais fasciné, elle avait toute une bande de garçons qui lui écrivaient des poèmes, mais sortait surtout avec ses copines, et brisait les coeurs. Comment elle m'a remarqué, je ne le sais toujours pas.

J'étais très timide, et je rougissais facilement. Elle avait une moto, et frimait un peu. Sans doute a-t-elle été attirée par ma fraicheur, cette aura de pureté virginale qui ne peut émaner que des jeunes gens de dix huit ans, à peine majeurs, n'ayant pas connu grand chose de la vie.

Nous avons d'abord "flirté" et comme j'étais amoureux, j'ai "cédé". Mon père m'avait mis en garde contre ce genre de "loubarde" qui ne pensent qu'à "coucher avec les garçons puis s'en lassent pour un autre", mais j'ai écouté mon coeur. Plusieurs fois, surtout quand elle avait bu, nous n'avions pas de préservatif, mais elle était pressée, je voyais bien qu'elle avait très envie, et du mal à se contenir, et bien sûr, j'avais peur de la perdre. Assez vite, elle est tombée enceinte.

Elle me l'a annoncé et a conclu par "Bon, je ne suis pas une chienne, je vais t'épouser, ma mère m'a appris à ne pas laisser un gars qui a semé un batard dans la mouise; j'assume, je suis une Femme"

Nous avons eu des noces assez simples, mon père a beaucoup pleuré en m'aidant à me préparer, et ma mère était très fière en me donnant à mon Epouse, à l'autel, devant madame la Prêtre. J'ai juré fidélité, bien sûr, et de l'aimer et la chérir jusqu'à ce que la mort nous sépare. Ce n'était pas rien.

Nous sommes allés aux Baléares pour notre voyage de noces, je dois dire qu'elle a passé pas mal de temps au bar de l'hôtel à siffler des whiskies avec d'autres femmes accompagnées de leur mari qui préféraient faire du shopping ou se faire bronzer à la plage.

L'enfant est né, il a fallu que je m'en occupe. Elise travaillait beaucoup, à la banque, et je tâchais de bien m'occuper d'elle. L'enfant était un garçon, Marc et j'avais bien vu qu'elle était déçue, elle aurait aimé une descendante, ùmais ce fut ainsi.

J'avais arrêté mes études, bien sûr, il fallait s'occuper de la maison, du ménage, du petit. Je m'ennuyais un peu, seul, alors j'emmenais souvent marc au square et je pouvais bavarder avec d'autres pères au foyer, on faisait goûter les gosses et on s'échangeait des trucs sur l'éducation. Marc etait sage, un vrai petit poupon, avec ses grands yeux et ses boucvles, j'étais assez fier.

Elise rentrait souvent épuisée du travail, j'essayais de lui préparer de bons petits plats mais le plus souvent, je faisais manger le petit, mangeait moi même à 19h, at quand Elise rentrait, souvent après 20h, je lui rechauffais sonb repas au micro onde; ensuite, elle s'asseyait devant la télé pendant que je faisais la vaisselle, le petit etait deja couché; c'est ainsi, beaucoup d'enfants ne voient pas beaucoup leur mère, car lle travaille beaucoup.

J'étais assez content, finalement, qu'Elise ne soit pas trop portée sur "la chose". Au début, ça m'inquietait et puis finalement, ces etreintes, quand j'avais passé la journée à astiquer les escaliers de la maison ou autre gros travail, et que le petit dormait à côté. Assez vite, j'ai cessé de feindre le plaisir, et puis j'ai, banalement, comme tant d'hommes, pretexté des maux de crânes ou autre soucis pour y echapper.

Parfois, deux fois par semaine à peu près, elle rentrait tard, vers les 1h du matin. Elle rentrait ivre, bien sûr, elle avait "bu quelques coups avec des copines ou des collegues" et là, par contre, elle voulait faire l'amour.. quand elle le pouvait encore.

J'ai eu vent, par un des garçon du square, qu'elle frequentait aussi des bars à entraineurs ou a strip teaseurs. Je ne voyais pas trop le mal à ça, je ne peux pas me permettre d'être jaloux, vu mon physique et mes talents au lit... je laissais faire.

Et puis, il est arrivé qu'elle découche, le samedi soir, soit disant apres une soirée poker et pizza, mais en lavant ses tops, je sentais bien le parfum des autres hommes. J'ai d'abord essayé de me rassurer en me disant qu'il s'agissait de "coups d'un soir" comme les femmes peuvent en parler dans les vestiaires du squash ou à la machine à café. "des hommes faciles, me disais-je, qui ne remplacent pas la tendresse et la compagnie de son époux"

Mais quand même, j'étais blessé dans ma masculinité.

J'ai bien pensé à partir, mais j'étais un peu coincé, sans diplôme, sans argent de côté, je ne savais pas si j'aurais droit à une pension alimentaire après un divorce si c'était moi qui partait. Et puis, que serais je devenu, seul, avec un enfant, sans une épaule feminine pour me soutenir?

Alors, j'ai fait comme mon père, et son père avant lui, j'ai fermé les yeux sur ses escapades.

Le climat se dégradait, cependant, elle se mettait à y aller de ses petits commentaires déplaisants "tu as grossi non?" "Tu portes ce jogging? Il n'est pas très viril" "Le steak manque de poivre à mon goût" "Tu as encore dépensé cent euro pour t'acheter des fringues? A quoi ça sert que je me creve à bosser?"

J'ai demandé conseil à mon père, un apres midi, alors qu'Elise était au travail. Papa m'a toujours beaucoup soutenu, je l'appelle presque tous les jours. Il ne m'a pas trop remonté le moral, mais il m'a fait comprendre des choses "Tu sais, avec ta mère, ce n'est plus comme à vingt ans... Mais si elle avait un amant régulier, tu le saurais... les hommes sentent ces choses là... "

Quand Marc a eu dix ans onze ans et qu'il est entré au collège et pouvait me donner des coupos de main pour le ménage, Elise m'a parlé, un soir. J'ai appris l'existence de l'Autre. Elise me disait "Tu comprends, il a vingt ans, il est insouciant et léger, mais je ne me vois pas faire ma vie pour l'instant avec lui. Par soucis de franchise, je te parle de lui, car je le vois régulièement - il est étudiant aux Beaux Arts, un peu boheme, tu vois le genre d'homme (elle a souri) Je pense que ma place, pourtant, est encore auprès de toi et de notre fils, c'est important l'imge de la mere, la stabilité, pour un efnant de cet age. Il faut me comprendre... J'ai plus de trente ans, j'ai des besoins... Tu sais que tu n'es plus aussi séduisant qu'autrefois, tu as bien d'autres qualités évidemment... J'ai des besoins, des besoins de Femme. Tu comprends cela n'est-ce pas?"

Je suis allé m'enfermer dans notre salle de bain et j'ai beaucoup pleuré, mais j'ai décidé de faire face, de faire front, pour essayer de surmonter la crise et de sauver notre mariage. Un garçon de vingt ans, certainement sans aucun plomb dans la cervelle, ne pouvait être qu'une passade, un amusement, un moment de détente dans la vie d'une femme qui traversait une crise dans son existence...

Comme Marc allait au college, je me suis inscrit dans une salle de fitness, pour essayer e retrouver la ligne de mes vingt ans, j'ai passé plus de temps chez le coiffeur et l'estheticien, j'ai changé de parfum, et appris à marcher avec des chaussures d'homme. Pour être plus masculin, plus attrayant.

Nous avons tenu encore deux ans comme ça, Elise disparaissait des week end entiers, je savais qu'elle était alors avec "cet homme" qu'elle l'emmenait en week end en Italie et dans de charmants hotels de province. Car maintenant je faisais ses poches, je l'avoue et elle ne se cachait pas vraiment. Son manque de discretion, parfois, me faisaient me sentir humilié. Je me suis mis à lui faire des scenes "Tu n'as pas le droit de traiter ton mari ainsi, moi, le pere de ton enfant, qui depuis des années, l'élève, tient ta maison, m'occupe de tes chaussettes sales" Elle me répondait froidement "Ne soit pas ridicule, tu deviens hystérique, tu devrais voir quelqu'un"

J'ai fini par aller voir quelqu'un d'ailleurs, un psychothérapeute, qui m'a beaucoup écouté et m'a donné un peu de Témesté pour m'aidr à dormir et à supporter la situation.

Et puis, un jour, Elise est partie. Elle m'a juste dit "Je n'en peux plus, j'étouffe, tes crises de nerf continuelles, ça ne peut plus durer. Je pars" Et elle est partie. Elle n'a pas même dit au revoir à Marc. "Je te verserai une pension, pour toi, et aussi pour le petit, tu auras une lettre de mon avocate"

Le divorce s'est déroulé à l'amiable, j'étais soulagé, même si j'avais peur. Je sais qu'elle a vécu un temps avec "cet homme" avec qui elle a eu un enfant, une fille, cette fois. Parfois, c'est ce qui me fait le plus mal, que ce garçon de vingt ans qui a juste eu à remuer le popotin devant elle pour me la souffler, lui ai donné ce que moi, je n'ai pas pu lui donner: une descendante, qui portera son nom.

J'ai pris longtemps du Prozac, j'ai vécu aussi un moment chez papa, qui m'aidait avec le gosse, car j'étais si triste, je pleurais sans cesse, et aussi je me gavais de nutella.

J'ai pu passer une formation à distance de secrétariat, en vivotant d'un boulot de caissier, de la pension, et des allocs.

Je peux dire que finalement, j'ai pu sortir de la dépression, j'ai même reperdu quelque kilos, et je me suis remise à aller au ciné avec mes copains, des anciens du square. Oh, on va surtout voir des films avec des sentiments, des trucs dont les femmes rigolent, elles nous trouvent parfois si mièvre. Je sais bien, maintenant qu'Elise n'était pas la Femme de ma Vie...

Je me laisse entrainer par un ami, Thierry, dans des soirées de célibataire, mais en fait je crois que les femmes veulent surtout coucher, il n'y en a pas beaucoup de sérieuse. Enfin, je verrai bien...

Humeur: Malicieuse