Yep, j'ai un genou "pourri", ainsi a-t-il été dit, amen.
Contrairement à ce que pensent d'aucuns, je ne l'ai pas fracturé ni récolté ces charmantes cicatrices à la patte folle en me jettant par le balcon un soir de blues ou de bad trip. Je conduisais mon petit scooter, il pleuvait, souviens-toi Barbara, il pleuvait de la neige mouillée, je dirais même, il neigeait, je n'ai donc pas vu le marquage au sol et à la vitesse hallucinante de 20 kil/h, je suis tombée comme une petite merde, sur ma gauche.
Crac, et vot' genou fait crac!!! CRAC!!!
Après six mois d'aventures trop palpitantes en centre de rééducs, ses bâtiments A (psycho) B (rééduc) C (piscine) D (restaurant des patients) et E (moins connu, le troquet d'à côté), ses kinés (super dois-je avouer) son sevrage du Temgesic (moins super) ses poches de glace et Loft Story Premier, je reprennais le taff, clopin, of course et clopant plus que jamais.
Un an après ma sortie, je me rendais au RDV avec Doc Knee, pour qu'il m'enleve le matos (plaque, vis, clou, marteau, faucille), en scooter toujours, lorsque, forte de cette première experience de préparation à l'astronautique (et dans les barres fixes!!! et sur la balance!!! et sur le gros ballon!!!), je me dis "Bah, c'était pas mal mais..." CRAC!!! je tombai comme une petite re-merde, du côté gauche. Après m'être rendue a pied à l'hopital, cause scooter faisait la gueule, j'appris que mon fémur était fracturé. Et que marcher dessus, c'était mal. Et que si je ne vendais pas ce putain de scooter, pour m'acheter une putain de voiture, je ne vous opère plus, bordel!!!
...[interlude quatre mois de plâtre]...
Cinq ans plus tard, soit il y a trois semaines, je suis retournée voir Doc Knee. J'avais comme des putains de douleurs à ce putain de genou.
Bon, la populace plébéienne mal comprenante m'avait fait savoir que les jours de pluie, de vent, de chaleur, de lune montante, descendante pleine et nouvelle "Tu sentiras l'ôsse cassé vaiiiiindieu"
Je n'en avais pas cru un mot. Et j'avais eu raison, jusqu'à ce que la douleur, par moment, me fasse penser que l'os était en train de se repéter . Bref.
Le verdict de Doc Knee fut sans appel "Le genou émet des craquements sinistres à l'extension" Donc, bonne pour la radio, l'IRM, puis retour chez Doc Knee, sans toucher les 20 000 balles.
Munie de mes examens (pour les amateurs, l'IRM c'est de la balle, on vous met un casque avec de la musique toute douce dans les oreilles, que le bruit de la machine couvre, on se croirait dans un vaisseau spatial à la bogdanov ou alien, quand ils sont en hibernation, et si vous essayez de vous gratter le pif en loucedé, une voix, mais très forte, crie dans le casque "NE BOUGEZ PAS!!!!!!! ...... merci....") munie des exams, donc, je me rends aux Consultations Externes, ce jour. Bon, une plombe d'attente, normal. 53°C dans la salle d'attente, fin de journée, fumet de rillettes, horreur, promiscuité, pas une chaise de libre, bref bref. Le type en face de moi me mate sans cesse et essaye de me sourire, et durant trois quart d'heures j'essaye de me rappeler si je l'ai vu avec ma reum, ou en cam, presque par hasard... Magie du net et du direct.
(et putain de mémoire fuyante)
Enfin, face au chir Doc Knee. Il hésite longuement, IRM, Radios, Radio, IRM? Plouf plouf, une vache qui... Radio!!! Le verdict est une fois de plus sans appel. Il s'exclame
"Ouh Putain!!!" et cache vite la radio coupable comme s'il s'agissait du dernier numéro de Grosse Salope Magazine, avec moi en page centrale. Il reprend courage, il respire, dur métier, putain, il fixe la radio au... truc lumineux. (rampe?) Et là , il se cache les yeux de la main gauche et la bouche de la main droite et répète trois fois, doucement et rapidement:
"Putainputainputain..." avant d'énoncer d'un ton convaincu "Putain!!!"
"C'est grave docteur?" *bouche en coeur*
"En fait, c'est marrant mais... enfin, pour vous, ça ne doit pas être marrant... en fait, non, c'est pas drôle" Puis "Si vous, vous n'avez pas de prothèse je..."
J'ai envie de lui dire "Méfiez vous de moi, vous pourriez finir dans les ordres plus rapidement que vous ne le croyez" Mais je dis juste "Ce genou est moche hein?!"
"IL n'est pas moche il est..." J'attends un truc gentil, style "il n'est pas moche, il est différent..." Ou "il n'est pas moche, il souffre, faut comprendre" Mais Doc Knee me dit "Il n'est pas moche, il est pourri. En même temps, je le sais, vous le savez, on le sait tous, vous avez un genou pourri"
Moui, ouvrez la fenêtre et hurlez le au mégaphone, que toute la population soit bien au courant "LE GENOU DE MA'AME YOG EST POU-RRI!!!!"
Comme ça, histoire de parler, je demande
"Et ça se change tous les combien, une Prothèse de Genou?"
"'Tention hein, c'est pas comme changer un pn,eu non plus"
"Chuis pas une vieille chiotte , ok"
"Tous les douze ans, mais à chaque fois, on rabote de l'os, vous perdez de hauteur de jambe... Et vous êtes jeune, très jeune"
[ceci mis en gras pour tous les goujats de 17 ans qui veulent "un plan cul avec une "femme mure" " voire me disent "t'es encore bonne" staïle t'as de beaux restes, tu saisPassons]
En conclusion, il compte me bourrer la goule d AIS (corticoïdes) antalgiques (wééééé du temgesic!!!! :p ) par ma petite bouche, puis en infiltration dans mon gros genou "pourri" et enfin, the fly boat: la prothèse (PTG)
Arthrose 1 / Yog 0, m'en fous je vais avoir un bionic knee, yé yé yé :p
Enfin, pour ceux que ça intéresse, savoir quelques trucs sur l'arthrose de mémé yog:
-Ca vient par POUSSEES, on galope comme un dahut sur du plat (on boite allegrement) puis aïeuh, impotence fonctionnelle durant deux trois jours.
-Le SPORT n'y fais rien, il s'agit d'OS et non de MUSCLE, le SPORT est DECONSEILLE, merci de me traiter de feignasse pour une autre raison
-L'ALIMENTATION n'a rien à y voir - je mange de tout, merci.
-OUI, ça fait un PUTAIN DE MAL de sa reum la tepu des téci, quand la poussée pousse, NON, ce n'est PAS du CINEMA pour s'éviter l'effort d'un trekk en montagne :s
-NON, je ne peux plus, COURIR, PEDALER EN COTE, MARCHER sur du terrain ACCIDENTE, SKIER
et oui, frangine, j'AIMAIS le SKI ALPIN, même si j'y allais quuatre fois par an seulement, grrrrrrrrrrrrrrrr. J'aimais bien pouvoir courir, si ce n'est dans les stades, du moins devant les prédateurs, loin devant....
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