Voisinage

30 avril 2007 17:47
 
 

Mes vosins, longtemps, ce furent des vieux. A dix neuf ans je trouvais que les 25/30 ans étaient de vieilles pétasses et de vieux beaux, quant aux quadra, je les taxais de vieux satyres et vieilles peaux (après, il s'agissait de fossiles)

Mais ces voisins là étaient quinqua et ont supporté avec flegme, ou sans me le signaler, l'inconfort dû à mon tapage nocturne d'étudiante insomniaque. Quand j'ai loué mon petit F1, que j'occupe toujours, j'ai été confrontée aux coprops. Les copropriétaires sont des vieux, mais qui font chier les voisins jeunes car ils jalousent l'aura de leurs belles années.

En fait d'aura, il s'agissait de packs vidés avec Mano Solo à fond et ma voix de crécelle par dessus, jusque deux heures du mat', tous les soirs. Folle jeunesse =_=

Quand, vers 24 ans, je me suis assagie, ce fut pour recevoir une visite nocturne, entre autres, de la voisine (une authentique sexta) du dessous, qui a tenté de forcer l'entrée de mon appartement où je tapais tranquillement, du moins le croyais-je, l'ébauche d'un deuxième roman. Mon vieux pécé, que j'avais acheté dans les 90's (nous y étions encore) bzzzzz brzzzzgzzzzzait en travaillant. Cette dame, que dis-je, cette vieille connasse, voulait donc s'enquérir de "qui se trouvait dans [mon] lit pour faire grincer autant le sommier" Je lui répondîs fort courtoisement que merde, je faisais ce que je voulais chez moi, où par ailleurs j'étais seule cette nuit là.

Je la renvoyai à ses pénates et une demi heure plus tard environ, le voisin du dessous, mais de l'appartement d'à côté, venait se plaindre d'un bruit incongru voire menaçant. Ce vieux tout moisi (environ 80 balais au compteur) était en effet diabétique, avec un pied diabétique, du laser dans les yeux contre la cécité diabétique, une insuline contre le diabète que l'infirmière à domicile venait lui faire tous les matins à 6h, ce qui le faisait lever à 5h, vous vous rendez compte, et en plus son propre fils souffrait de diabète, avec une décompensation récente sous forme de coma hyperosmolaire qui l'avait conduit en réa où le médecin l'avait entubé, vous vous rendez compte, comme ça fait mal de se faire entuber par un docteur? me résuma-t-il en quelques minutes (quarante cinq)

Certes, dis je de mon plus beau ramage,mais ce n'est pas une raison pour sonner à ma porte à 2h30 a.m. , je comprends que vous ayez besoin de partager vos angoisses, mais enfin, si on va par l...

"VOUS FAITES DU BRUIT!!!!!!!"

"Oh"

Après une enquête minutieuse (pas la mini chaine dont le son était sur 1, pas de tamtam ni de "jeumebay" (djembé) pas de marche en talon aiguille, le mystère fut résolu: je tapais sur le clavier de ma vieille bécane, ce qui provoquait un "tactactactac" absolument assourdissant.

Bon, j'ai appris à taper sur une vieille Underwood de 1922, ce qui explique en partie l'énergie que je transmets à mes doigts lorsqu'il s'agit de clavioter, mais tout de même, tout de même.

Je restai peu sidérée, ce monsieur me disant qu'il habitait l'immeuble depuis vingt ans, et n'avait jamais eu droit à ça (*et mes bamboules avinées jusque des quatre heures les cinq dernières années?*) sauf avec "le jeune homme avant vous (*ah! moi!, en maigre sans sein et tondue*) bien sûr, et celui d'avant ("ah!!! l'ancien locataire qui me disait que le balcon orienté sud ouest est merveilleux pour la culture... Putain!!! ces jeunes, caillera!!!")

Ce problème résolu, je me promis, et à lui aussi, de ne plus frapper avec virulence mon doux azerty passé 22h30.

Le lendemain, à 22h31, il monte, muni d'un bottin et de sa femme. Le diabète, pied, yeux, fils, entubage sans vaseline par le réa... Quelques minutes plus tard, et avec quelques décibels de plus que la veille, il m'explique qu'il va finir par mourru de tout ce bruit. D'ailleurs, Monsieur L. au rdc (j'habite au troisième) est mort avant hier... sûrement le bruit *oeil suspicieux à ascendance vichyiste* J'admets que Monsieur L. traité à domicile depuis deux mois pour cancer en phase terminale, âgé de 86 ans et vivant en bonne intelligence avec sa fille de 65 ans, a sûrement été poussé dans la tombe par le vacarme de doigts tapant sur un azerty qui en vaut deux, une nuit, à 22h31, trois étages au dessus. Mais quand même, m'sieur, partager vos angoisses vraiment toutes les nuits ça devient relou. Je jure, promets, quitte a cracher sur la tombe de mes ancêyres tellement tôt arrachés a mon affection que je ne les ai même pas connus, que ce bruit va cesser ab-so-lu-ment.

Tudududut: le lendemain. 22h15, j'éteins le pécé, je me munis d'une bière, de deux lexo et d'un beau stylo tout neuf et je gratte gratte gratte. La radio est tellement bas que je l'entends à peine (pas de balladeur mp3 en ces temps reculés, des oualkemann) Ma muse me porte jusque 2h, puis je mouche la bougie, chausse mon bonnet de nuit et me couche.

3h: driiiiiiiiiiiiiiiing. Tiens, Jean veut partager une experience avec nous ce soir. Bonsoir Jean!!! Ah non, c'est Raymonde, la voisine d'en dessous, troisièlme appartement. Bonsoir Raymonde!!! Clap clap clap.

Bon, Raymonde me hurle à l'oreille "Vous prenez un bain à trois heures du matin!!!"

Moi même, rajustant mon tee shirt "fuck ze cows" "Bah na, m'dame, j'dormais."

Vous jouez du tam tam alors?

Bah na, j'dormais!!!

MAIS QUI PREND UN BAIN A TROIS HEURES DU MATIN???!!!!

J'sais pas m'dame, merci pour le partage de cette experience hallucinatoire nocturne... Essayez de sonner à côté chez Jeanine, elle est très open minded. Paix, ma soeur!!!

Le mystère du tam tam perdura plusieurs jours, mais avec des commentaires diurnes, d'une jeune (une fois n'est pas coutume) voisine mère de famille "Votre tam tam réveille le petit" Je commençais à me poser des questions sur ma santé merntale, le somnambulisme, l'abus chronique de boisson alcoolisée et autre vésanie... quand je reçus une lettre du Syndic de Coprop.

"Des bruits étranges émanent la nuit de votre appartement ( tapotements, grincements, bruissements...)" Le fantôme des Baskerville semblait être localisé chez moi!!! Je me rendis donc, pleine de fureur et de benzo, au-dit syndic. Une secrétaire fort sympathique m'accueilli.

"Voilà madame, j'ai joué du clavier et ma tour de pécé fait bzzzz la nuit... voilà"

"Du clavier électronique?"

"Bah, du clavier azerty"

"Oo"

"Tout à fait"

"Ecoutez, renvoyez vos voisins vers la police, si ça les amuse (ou pas), je ferai de même... grmblblblblblbl, un clavier azerty nocturne!!!!!"

Ce fut fait, et yop!!! Me font pluch'

Humeur: Blasée

Vlad Dracul & Vampirella

29 avril 2007 15:16
 
 

Le mythe du vampire, depuis bien avant Bram Stoker (qui a fait des Vampires en général et de Dracula en particulier une icône gothique romantique) parle, finalement, de la sexualité et de la Mort. Mais qui oyu quoi donc visite les vierges, les jeunes femmes au sein blanc, la nuit, leur suçant le cou, le sang, l'élan vital?

Quelque psychanalyste dont j'ai mangé (sucé) le nom pose la théorie pas si audacieuse et qui me cause (toujours) suivante: il s'agit d'une représentation de l'inceste, de l'abus, du vol de l'enfance et de la jeunesse: ces visites nocturnes, mystérieuses, dont la victime ne se souvient pas et qui la laissent pantelante et encore plus pâle, serait l'ombre du pere, beau pere, adulte visitant l'adolescente dans sa chambre de jeune fille, nuitament.

Cette théorie demeure troublante, car moultes précisions sur la légende vampiresque ont été ajoutées au fil des siècles. Bram stoker, puis FF Coppola nous parlent d'amour traversant les âges - et apparaissent les succubes Coppolesco-Stokeriennes, les femmes vampires suçant la moelle (et le penis) de notre courageux héros, le tenant dans leurs rêts afin de le garder prisonnier du Château, de la Transylvanie, de l'emprise du Comte.

Anne Rice floute beaucoup moins les choses, dans la symbolique sexuelle qui n'a dans ses écrits plus grand chose de symbolique. Lestat, Louis, la Reine des Damnés sont ouvertement over sensuels, beaux, éternellement jeunes - l'univers est plutôt riche et fouillé. Nous sommes loin de Nosferatu, carrément effrayant, la boule à Z et les griffes allongées.

Pour en revenir à la vampirisation vue comme l'inceste, je note l'ambiguité et l'ambivalence extrêmes ressortant des "annexes à la légende" des moyens de tuer le vampire, le repousser (houla religon catholique quand tu nous tiens) et aussi de l'érotisation de la succion par la bête. Le cou, le creux du poignets sont des endroits fort érogènes et troublants ( d'un autre côté, plus difficile de pratqiuer une bonne saignée sur le talon) L'amnésie de la victime (oops, je dormai, he did it again) l'escalade lente de la morbidité, sa propre transformation en vampire après un décès précoce en fond une victime à l'innocence totale - dont les mauvaises langues ne pourront s'empêcher de dire "Elle aurait dû s'en rendre compte"

De fait, les medecins et autres guerisseurs et exorcistes, se penchent en vain sur son cas: impossible de reconnaitre la douce et pétillante jeune femme, qui vire au blanc vert glauque, s'asthénie et fait preuve de violence et de goût pour les extrêmes "dans sa fievre et son délire"

Tout cela est bel et bon - mais comment vaincre l'Origine du Mal? Il est impossible à repérer, use de déplacements nocturnes et prend diverses apparencs que n'aurait pas dédaignées Zeus himself : loup, chauve souris, vent, bête immonde... La scène du Dracula de Coppola est très forte, où Mina est troublée et caresse le grand loup blanc. Une impression de déjà-vu de Léna et le Cygne ou Europe et le taureau, m'a saisie.

La bête, l'animal, représente à mon sens la Pulsion première, primitive et originelle, la Pulsion sexuelle à son état brut, effrayante voire repoussante (n'a peur du loup) en même temps que fascinante et attirante (passion des adolescentes et autre PNY pour les grands étalons bien membrés que l'on peut monter si on les débourre)

Le vampire garde cette quasi aura d'animalité, dont il est très proche, en étant une eurydice virile revenue des berges du Styx, autant dire en cumulant les savoirs (faire et être) de l'animal, de l'humain et du demi dieu.

 

Vade retro!!!

Amen

Humeur: Amoureuse

Papivore

28 avril 2007 21:41
 
 

J'adore les livres, enfin tout dépend desquels, je veux dire par là, j'aime l'objet.Leur odeur (celle des neufs et de l'encre, celle des vieux et de la poussière et/ou des reliures en vieux cuir) j'ai du mal à supporter les e book, à les lire, sans être agacée par le support (l'écran, toussa) support que j'aime pour d'autres passe temps.

J'aime le papier, les cahiers, les crayons, stylos, feutres, gommes et en regle générale, tout le matériel de bureau.

Ainsi je m'accomode très bien de mon nouvel emploi de secrétaire brasse-papier, infirmière, j'avais moins d'afinité avec les aiguilles et les fils à sutures. (Mais j'aimais beaucoup contempler les images Radio, IRM, scanner)

Je flâne souvent (tous les mercredis, voitr billet précédent) dans les librairies, où je cherche tout d'abord un ou deux livres puis du petit matériel de papeterie et de bureau.

J'ai donc tout un petit matos pour bricoler chez moi et j'en importe de plus au bureau, ce qui ne me lasse jamais. J'ai un joli calendrier über pratique photos indiennes à la föllmi, un support- pour tenir ses feuilles verticales quand je saisi des données, des post it de toute formes tailles et couleur, des stylos jolis, que je me fait faucher: cela ne m'agace pas ni ne me rend malheureuse car c'est alors l'occasion de refaire le plein.

Etre un genre de col blanc qui brasse et gratte de la paperasse huit à dix heures par jour me réjouit; je pense qu'il y a une symbiose entre moi et les micro particules de papier (bois) ayant été créée avec le temps, je ne peux vivre loin d'un bloc de ma drague blanche (ou rose, jaune, mauve, quadrillée, imprimée)

Parfois je me dis que je déforeste à moi seule un hectare par jour et je culpabilise. Mais finalement je ne consomme pas tant de papier que ça (de papier non recyclé veux-je dire)

Je possède une collection de Mémoires et Diary tracés de ma fine main blanche, avec des interruptions d'un, deux, six mois, deux murs de ma chambre/salon sont couverts d'ouvrages- je me suis "offert" un Cédérom d'édition à compte d'auteur et étrangement je ne dois pas posséder plus de quatre stylo at home (puisqu'ils migrent vers le boulot où ils ré-migrent vers le bureau de quelqu'un d'autre)

J'adore les "collectors" aussi, les petites trousses, les carnets, cahiers et ouvrages indisponibles à la vente offerts par ma libraire pour l'achat de....

Ce jour, j'ai découvert le Supermarché de la Papeterie- je tairai son nom - ne fais pas ce que je fais, ami lacanien. Je m'y suis rendue au départ pour chercher une tablette graphique; qu'ils n'avaient pas. Et lorsque je me suis trouvée entourée de centaines, de milliers de ramettes, de chemises, de sous chemises, dossiers, sous dossiers, arracheuses d'agraffes et autres gommes de pro et guide âme couché sur papier vélin, j'ai perdu la tête. (temporairement)

Ce fournisseur qui est aussi détaillant fazit surtout du gros et semi gros, ses prix sont discount. Je me suis blindée en cartouches, puis suis allée à l'aventure, souriant béatement aux papiers sur les etageres sur des rayons sur des dizaines de metre. J'avais le vertige,j'étais en phase avec cet environnement, aware, je n'avais pas connu telle extase depuis mon dernier orgasme, et encore, j'y avais été seule =_= tandis que là mon Super Dad et les vendeurs et vendeuses, vêtus de leur veste sans manche typique de la GSS accompagnaient, guidaient, soutenaient et amplifiaient mon bonheur. :)Devant un tel choix de produits bandants, j'ai laissé de côté, mis à part des brassées de chemises-cartonnées-à-trois-rabats-élastique le matériel bureau bureau qui pourtant m'excite toujours terriblement, pour m'acheter de la "fantaisie papeterie prêt à porter lookée Couture"

Un stylo rose fuschia, en plastique transparent, un teuteu pour tenir mes feuilles droites, imprimé de galets, des stylos pour tissu, avec des doudous pour dessiner dessus et je l'avoue, de grâce ne me brûlez ni ne me lynchez de suite - un immeeeeeeeeeeense sac Pucca (grosse collection Pucca, qui se vend très bien en ce moment)

Dans n'importe quel supermercado, je me perds entre les croquettes pour chat et le rayon alccol, à croire que je me nourris de Félix Emincés en Gelée et de jaja bon marché et que tout autre repère que nous autres humains civilisés sommes censés avoir dans le sang m'est inconnu.

Dans la SuperPapèterie, en revanche, l'ordre logique des choses et le déclic de tel produit sera à côté de tel produit "évidemment, ça coule de source" m'apparaissait en pleine poire- je voyais la lumière, j'étais aware, sortie de la Caverne.

Le Produit de Bureau à la Portée de toutes les bourses me semblait un concept épatant. Je demeure à mon âge avancé stupéfaite de voir des habitations sans bouquins dedans, pas même un bouquin à l'eau de rose, ou de cul, ou de cuisine (ça existe, je l'ai vu de mes yeux vus) et un logement sans stylo à l'intérieur me rendra totalement méfiante à l'égard de ses habitants. "Comment vivre sans au moins un stylo de pub machouillé?" (Le stylo "La Traviatta- Pizza à emporter" a été créé pour être machouillé ; il a un goût d'origan et d'encre à pas cher)

Et bien le stylo, au fond, c'est ruineux, un bout de plastoc même pas Mont Blanc va vite chercher dans les 7€ : tandis que là, il demeurait à un plafond de 4/5€ (sans la TVA appris je à la caisse) Le produit "luxe cheap" restant assez onéreux, la joliesse, ça se paye (cher)

Cependant, voilà, comme toutes les Chaines, comme toute les Grandes Surfaces, ce commerce mine assez les "petits" libraires, les "petites" papeteries qui ne font que du détail et ne peuvent se permettre de casser les prix. J'ajouterai que parfois les tarifs m'y semblent hallucinants.

Je dis que "je me permets de" je me permets d'acheter les produits de base chez ce supermarcadator, j'en achete peu - et le Fantaisie Semi Luxe chez mon libraire, mes libraires, j'en ai deux.

Ainsi, pour les books, je me déplace rarement chez Fnac ou Virgin pour me fournir; préfère les commander chez B. Au fond, j'achete des livres que je repere ou dont on m'a parlé, et les "têtes de gondole" des grosses boites proposent les best sellers et c'est marre- et ils ne me semblent pas si bien achalandés que ça. Ce ne sont pas le terme "culturel" accolé au mot "supermarché" qui me heurte- ce serait plutôt le terme "supermarché", "grande chaine", vs "petit commerce"

C'était la parenthèse du jour.

Amen

Ou pas.

Humeur: Intéressée