L'ouverture d'esprit n'est pas une fracture du crane
Je me suis quichée en scoot samedi dernier, j'ai bien rebondit sous les yeux de mon collegue ebahi.
J'ai du bosser, puis hier soir lundi je me rends aux urgences, car c'ezst tres enflé et raide, que ça se dérobe. J'ai pas mal, comme d'habitude
Je les ai pourtant prévenus dès le debut que je sens pas la douleur, qu'il m'est deja arrivé de crapahuter sur des fractures balaises, contre toute attente.
20 minutes à l'accueil, où j'étais seule derrière la ligne jaune de confiudentialité, 4 infirmières, toutes au téléphone. Genre à 17h precises, 3 se barrent en riant car elles ont fini leur journée. la survivante compulse avec angoisse son ordinateur, puis daigne me demander ce qui m'amene. Immediatement elle me refile a une autre à qui je dis ce qui m'amene.
Je peux enfin patienter en salle d'attente !!! Joie qui se prolongera bien 45 min. (jusque là rien d'anormal)
Enfin, une dame qui ne se presente pas m'accueille. Je pense qu'il s'agit d'une interne. Elle me fait enlever le bas et me pose des questions, la fiche d'accueil à la main.
A toutes les questions je dis d'un air blasé en lui montrant du doigt sur la fiche "c'est marqué là"
Elle observe mes deux genoux, dont l'un fait 1m50 de circonference "c'est lequel qui fait mal?"
"..."
"Le gauche ???"
"Oui, en effet. Ceci dit il fait pas mal, mais j'ai du mal à monter les escaliers et des fois il se derobe. Puis j'ai du mal à mettre les chaussures"
"Accident de ski?"
"Non, de scooter"
"Et vous etes tombée comment>?"
"Sur la gauche"
"sous le scooter? Vous etiez casquée?"
"J'étais tombée et je suis tombée avec le scooter [je montre la cascade] PLus ou moi_ns dessous oui"
"Et quel côté fait mal?"
"Celui sur lequel je suis tombée en fait. Le gauche"
Elle observe bien, y'a une petite brulure de jeans. Qu'elle montre "Là?" "oui, si vous voulez"
Elle me demande de le plier, j'y arrive peu. Elle le plie elle meme.
"Ca fait mal?" (j'adore les toubibs sadiques, ils appuient "et LA ça fait MAL?")
je répète que non, mais que je sens pas la douleur donc ça veut rien dire.
Elle appuie deci dela. Je lui montre la zone sous la rotule et je dis "c'est là que c'est bizarre, comme engourdi, je sens vraiment rien" (je lui montre la zone du plateau tibial en fait)
Elle le pousse de droite a gauche, ce qui normalement est impossible et le mollet navigue bien. Je dis "ça c'est normal, enfin c'est pas normal mais c'est depuis la première fracture en 2000, il est laxe"
"ah ça oui, il est laxe !!!"
Assez perplexe elle me fait un bon de radio et m'invite à suivre "la ligne rouge" Je regarde au sol parce que "les pas verts" c'est par terre. Enervée elle me montre un genre de frise au mur avec une bande bordeau "la ligne rouge LA !!! Vous la suivez vous arrivez en radio !!!"
J'y arrive. A l'accueil y'a personne. Je m'assied. je m'endors assise.
Quinze minutes plus tard toujours personne, je regarde un peu dans le couloir mais personne.
Ensuite une dame vient s'asseoir. Je lui demande si c'est bien là qu'on doit attendre "Ben je crois, mais j'ai attendu longtemps dans l'autre salle d'attente"
"Oui mais ça c'est normal, c'est un service d'urgences..."
Je me rendors vingt minutes. Je suis réveillée par les cris d'un chirurgien furieux qui passe une avoinée aux manips radios
"mais vous allez lui faire le cliché, ça fait une heure qu'il attend et moi aussi!!!"
vague grommelement
L'orthopediste "je m'en fous!!! je le pousse dans la salle ET VOUS LUI FAITES LES CLICHES !!!!"
Je le vois repartir énervé (les chirurgiens sont toujours nerveux) Ca grommelle derrière. Le chir se retourne et lance d'une voix puissante "j'aimerais vous y voir avec un coude luxé vous !!!!"
Du coup tout le monde a droit à sa radio avec peu d'amabilité vu qu'à cause de nous ils se sont fait gronder.
J'attends un quart d'heure pour avoir la photo, je re-suis la ligne rouge, je remets le cliché.
J'attends vingt minutes en "retour radio" Des infirmiers et des internes brassent des papiers, et toujours une nana vissée au client leger avec attention.
Je sors fumer une clope. Ca faisait longtemps.
Douze minutes après mon retour, l'interne arrive et me gronde "vous etiez où? Parce que bon c'est cassé, faut pas bouger. C'est le plateau tibial, comme l'aut" fois. Puis j'ai donné le cliché à l'assistant. Il le montre au chef de service, ils decident de ce qu'on va faire"
15 minutes later, je suis endormie sur la chaise. J'ai envoyé un SMS au collegue, un autre au copain "Le plateau tibial est cassé, ils me plâtreront pas vivante"
C'est le grand sachem qui me reveille en disant assez fort "madame... ????!!!!!!!!!" (il connait pas mon nom, c'est trop dur de lire l'etiquette, tout ça)
moi "gné?"
Bien sur il se presente pas. Ils sont là tout les trois et me regardent avec perplexité.
Le grand sachem, qui est censé être le plus sûr de lui, me demande de le suivre. je me lève et marche, il fait de grands yeux et un bond en arrière. Puis il se reprend.
Là je comprends ce qu'il se passe. la photo, le cliché, lui dit que je devrais pas pouvoir marcher, ou alors en gemissant et avec les traits tirés. Là j'ai juste l'air d'une fille qui dort. Ca colle pas. Il est perturbé.
Ils me font marcher dans un assez long couloir jusqu'à la derniere salle d'examen tout au bout, probablement pour profiter du spectacle du monstre qui marche sur une fracture. Ils restent cois.
Le grand sachem me demande de m'assoir sur la table d'exam. Je demande si je dois enlever le jeans "pas la peine"
Je le sens angoissé. Ca, et son attitude, me donnent envie de le sadiser un peu.
Pareil, il me tourne le genou dans tous les sens "ça fait mal là?"
Non
"Non mais j'ai pas mal, le probleme c'est l'impotence, pour monter les escaliers, m'habiller, tout ça. Il se dérobe quoi, des fois, alors je me casse la gueule quoi"
Il appuie partout sur tous les coins enflés du genou en demandant si ça fait mal. Pour qu'il me lache je prends une voix un peu tendue et menaçante et demande "vous essayez de me faire mal, là?"
Il recule vite fait. Il declare
"Bon, tout va bien. Vous pouvez prendre du di antalvic"
"Non mais j'ai pas mal, c'est pour les escaliers"
"Sinon vous pouvez prendre du doliprane"
"mais pour marcher, c'est quand que ça ira mieux?"
"La douleur?"
"Non mais j'ai pas mal. C'est pour monter les escaliers, ça ira mieux quand?"
"Ca date d'avant ou apres le trauma la difficulté à la marche?"
Je le regarde avec des yeux de serpent mort et d'une voix incisive je declare
"Je marchais beaucoup mieux AVANT la fracture"
"De quand date le trauma?"
"Sameudi" (je le prononce à la gogole)
"48h... alors il faut bien ça"
"Pour remarcher bien, il faut encore 48h?"
"Non, pour avoir moins mal"
"mais j'ai pas mal, pour remarcher bien, je dois faire quoi, et ça revient quand?"
"........ (...) .... 10 jours !!!! Et faut du repos !!!"
"cool"
Il se casse très vite loin de l'être bizarre.
L'interne me dit "je vous fait les papiers de sortie et l'ordonnance"
"L'ordonnance pour une attelle?"
"Non, pour du doliprane"
"mais j'ai pas mal, c'est marcher qui m'interesse"
Elle reflechit "pour faire desenfler, vous pouvez mettre de la glace"
"aaaaaaaaaaaaaaaah!!! Merci du conseil *smile froid*"
Je peux enfin rentrer chez moi avec la radio.
Chez moi je la mate. Ca fait peur. Pas la fracture, c'est un petit arrachement du plateau tibial. La putain de gueule de ce putain de genou. Quelle arthrose la vache !!! En effet ça devrait pas etre la fracture qui me ralentit. Ce qui m'inquiete c'est la grosse partie noir au tibia, juste sous le condyle. C'est decalcifié, y'a un trou quoi. (blanc = dense; noir = y'a rien)
En fait j'aurais jamais du pouvoir marcher, alors un bout en plus ou en moins, osef quoi...
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